Jason Derulo est un rescapé. Ce jeune homme a en effet  (et ce dès sa 16eme année) été mis en esclavage pour le Label Bad Boy Records où il était tenu d’écrire des titres pour Diddy et autres floppeurs en série, sans pour autant voir la couleur du début de carrière qui lui était pourtant  soigneusement promis. Il  a fallu qu’il rencontre J.rotem pour que son calvaire s’arrête. Le producteur qui a vu en Derulo , ce que ni Diddy , ni Lil Wayne ( vu qu’il a  aussi écrit pour ce dernier) n’ont pas été capable de voir : à savoir le coup commercial parfait .

A ces heures où le R&B cède à la pop/dance en terme de popularité de part le monde. Il y avait l’air d’y avoir 2 camps. Celui des chanteurs, chanteuses pop qui se fondaient avec brio dans la mouvance ( Gaga , Perry,Taio Cruz..) puis celui des chanteurs de R&B qui s’accrochaient à leurs styles et floppaient , soient en changeaient mais ne réussissaient à séduire que l’espace d’un single .

Jason n’a pas essayé de renter dans cette friction. Il est  plutôt la jointure entre les 2 : le trait d’union.

N’ayant de r&B que sa couleur  de peau et le fond de son timbre vocal (qu’on ne discerne que très peu vu l’utilisation plus qu’abusive de vocoder). Le chanteur a réussi à faire illusion auprès du grand public en leur délivrant un titre pop électrique ( Whatcha Say), un tantinet léger mais d’une redoutable efficacité repris de Imogen Heap ( Hide and Seek) qui a dû turlupiné le cerveau de plus d’un pendant les récents mois..

L’album éponyme qui a pour sous titres «  9Titres, 9 Hits » est en fait dans la même veine. L’originalité n’est pas du tout à la base du raisonnement de J.Rotem (qui produit tout l’album)et la recherche encore moins. Le concept principal est le tube facile inspiré par le racolage radiophonique ou le plagiat à peine volé et on peut dire qu’il est  mené de façon admirable.

Pour son nouveau protégé, Jonathan ne recule devant rien. Tout est repris de quelque part, que ce soit de façon honnête ou pas. In My Head sonne comme un Rip off du Just Dance de Gaga .Sky’s The Limit est un mix entre Hot and Cold de Katy Perry et le  classique «  What a feeling », Ridin solo est poursuit par un sample tout le long et ce de manière totalement éhontée. Fallen sonne comme remix façon électro de «  With You de Chris Brown  ou encore Love Hangover amoche les années 80’s avec la même ferveur de Keisha sur son dernier solo.

Ajouté à ça le fait que les productions bien que parfaitement calibrées trouvent le moyen d’être surchargées,  le fait que les vocalises de Jay soient molles (souvent irritantes), que le vocoder soit usant et son phrasé souvent ridicule. Cette compilation de tubes pop sans âme mené par un producteur sous inspiré  sera renié par tous les puristes de R&B et que très furtivement adulé par ceux de pop. S’il compte se faire une place au soleil et ce de façon durable, il faudra qu’il pense sérieusement à changer de créneau car dans 2 ans, ces 9 hits présents seront malheureusement tous passé aux oubliettes.

 

8/20.

Futur 3eme single et une des celles véritablement « sympa » avec » What if » .

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What If (mp3)