Il y a à peu près une semaine de cela. Je suis allé chez une de  mes tantes  (la plus jeune à vrai dire, de 10 ans tout juste  mon ainé) dans le 77. Cette dernière récemment mariée et  actuellement en plein chantier m’avait demandé de venir voir si je pouvais l’aiguiller au niveau de l’aménagement des chambres. Arrivé à la bourre parce que j’avais encore dormi à 4h du matin : je  l’ai surpris conversant sur toutes ses grandes et nombreuses ambitions  avec le serrurier. Elle lui parlait au moment de mon arrivée de l’entreprise de serrurerie qu’elle tenait à monter et ce dernier très attentif  lui demanda comment elle comptait l’appeler.

Sans ciller un seul instant, elle répondit : « Shontell» ..

Dans le couloir juste derrière eux, je ne pus refréner un fou rire en pointant ma tante du doigt : «  Tu es vraiment une salope «. Cette derrière feignant d’être indignée me répondit : « C’est quoi ton problème ? tu rentres chez les gens sans dire bonjour et en plus tu les insultes.. Non mais tu drogues au lait ou c’est juste la solitude qui te rend fou ? »

Etourdi et toujours en plein fou rire. Je me mis en bafouiller quelque chose comme : «  No ..on..non mais, ça se fait pas.. à cette pauvre fille quoi.. .. tu es vraiment immonde.. »

«  Mais de quelle fille tu parles, tu as passé la nuit où encore ? »

« Shontelle, la Barbadienne, c’est vrai qu’elle n’est pas très jolie mais de là à donner son nom à des serrures. Tu vas fort ! »

«  Steeve , dis bonjour au monsieur et arrêtes  avec tes délires de sous illuminés . Je ne connais pas de Barbadienne qui s’appelle  Shontelle . J’ai trouvé le nom de ma marque tout seul et ça irait aussi bien pour les serrures que pour  les robinets d’eaux si tu veux tout savoir. Joseph (son mari) et moi en avons déjà parlé. Personne ne t’a ici demandé ton avis «.

Toujours étourdi et surtout très con-con je dis bonjour au monsieur puis je me mis à essayer d ‘expliquer à ma tante qu’il y avait une chanteuse aux barbades qui se nommait Shontelle et que c’est pour ça que j’avais confondu. Elle ne me cru pas et me promit de transmettre à mon père les effets tout à  fait probants que la drogue avait sur  son fils.

Sur cette note, je mis un terme à cette conversation bien résolu à lui prouver dès le leak du deuxième album (« No Gravity ») de la chanteuse qu’elle existait bel et bien. Un leak qui s’est fait hier soir et qui m’a dans un premier instant comblé de joie. J’allais enfin pouvoir renvoyer ma tante et sa repartie de Fatou dans les starting blocks. Il devait être minuit et j’étais tout heureux.. Puis je me suis dit que j’allais quand même écouter les 10 titres de l’opus et au fil des titres. Mon bonheur s’est changé en frustration qui est elle-même devenue tristesse et a fini par se matérialisé par des larmes.

Jamais, je n’oserais aller dire à ma tante que Shontelle est une chanteuse désormais. Impossible (tiens !), surtout pas avec cet album. Elle ne me croirait  que plus fou et débauché.

No Gravity est semblable à ses 2 premiers singles : l’infame Licky qui a été évincé (Dieu soit loué !) et Impossible qui lui a permis de connaitre le succès. C’est une pluie de rejets  et de face B qu’aucun artiste n’a voulu et qui se sont finalement retrouvés sous la houlette du staff de la chanteuse.

C’est  donc tout ce qu’il y a de plus impersonnel, cheap et bancal. La production passe son temps à s’amouracher d’un électro  et d’une pop clinex que la chanteuse n’arrive absolument jamais à transcender. Le deuxième single officiel « Perfect Nightmare »  qu’a réussi à lui refourguer Rodney Jerkins aurait  par exemple pu frôler le potable s’il était chanter par une vrai chanteuse. La  voix de Shontelle est plate, sans couleurs, sans variations, sans puissance, sans émotions. On ne doute aucunement qu’elle sache chanter mais on a à l’écoute de l’album, la certitude qu’elle n’est pas une chanteuse. C’est une variété d’Alizée bon marché « version ile » dont la carrière devrait être aussi éphémère que le  très peu de succès qu’elle connaitra.

A noter que Love Shop pour son coté estival et la version de «  T Shirt «  avec The Dream sauve cet album du néant total mais ça reste terriblement léger pour lui accorder une quelconque crédibilité dans le métier qu’elle prétend exercer.

Je n’ai pas marché et je crois que si je la présente à ma tante (grande férue de groupes 70’s/80s):elle en fera sa guignol favorite. Mieux donc passer pour un fou  et par la même occasion lui éviter une telle humiliation.

Soyons Sympa!

7/20.