11 ans depuis leur premier album et énorme succès Shackles (Praise You) . Les 2 sœurs du groupe de gospel le plus influent de la dernière décennie sont toujours présentes. Après s’être légèrement calmés avec leur opus éponyme qui semblait plus conventionnel en 2005. Elles avaient de nouveau tutoyé la pop et le jazz avec l’opus The Sound  d’où fut extrait un autre classique du genre  «  God In Me », véritable phénomène urbain en 2008 remixé entre autre par Ne-yo, Yung Juc, Dave Audé et Kanye West qui faisait une apparition dans la video.

Cette année, c’est avec Walking qu’elles ont décidé de relancer la machine. Ce up tempo r’n’b dansant qui n’a réellement de gospel que ses paroles a  définitivement achevé la petite accalmie à laquelle s’était résolu les 2 sœurs récemment. Anita et Erika se déchainent une nouvelle fois, avec la même hargne qu’à leurs débuts et sortent Jesus de l’église pour l’amener dans la rue, au cœur des gens et c’est plus qu’appréciable.

Something Big, en cela très bien son nom. C’est un opus relativement non conventionnel qui de prime abord surprend par son audace. Des productions électroniques rythmées souvent même fortement pop balaient le piano ou la simple chorale auxquelles les opus du genre nous ont souvent habitués.

Ici, comme en témoignent les titres d’entrée Something Big et son suivant Something Bigger. On n’a pas le temps de s’ennuyer, tout va crescendo, autant dans l’intonation, les références que dans le chant. Les 2 prêtresses n’ont rien perdu de leurs capacités et leur prouvent sur le très efficace Never Wave My Flag (que les Black Eyed leur envieraient) ou sur le plus doux «Are You Ready ! ».

Les ballades n’ont cependant pas en reste. On a droit à une fin d’opus plus paisible, mais loin d’être pour autant moins intéressante avec le superbe Catch me (qui rappelle les meilleurs heures d’un Ryan Tedder) ou encore HomeComing Glory qui sonne comme une comptine de noël délicatement ficellé et on ne peut plus réjouissante. On pourrait leur reprocher l’inutile « Slow Walk » ( Version Lente de I’m Walking °) ou l’agaçant «  Is It Well » dû à la trop forte utilisation d’auto-tune mais globalement, c’est un opus concis  qui se tient plutot bien.

Warryn Campbell (leur producteur et mari d’une) prouve encore une fois qu’il reste un des maitres dans l’art de la production contemporaine étant capable de toucher absolument à tout avec quasiment le même tact à chaque fois. A s’y méprendre et en oubliant les paroles, on ne dirait pas de cet album qu’il fait l’apologie de Jesus. Il sonne plutôt comme un album urbain mainstream assez reussi. Les Mary Mary poussent encore plus loin les limites du gospel et si les puristes s’en détacheront. Un  plus large public devrait sans conteste leur ouvrir les bras.

15/20.

Premier live télévisé hier chez Jay Leno.

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Perfect!