S’attaquer au décryptage d’un album présenté comme celui de la décennie, c’est s’immerger dans un projet aussi fou, gargantuesque et prétentieux que celui prophétisé par l’artiste elle-même. Quand on y réfléchie bien : Qui a part une voyante bon marché pourrait nous prédire l’avenir et  par la même occasion nous dire que nous ne risquons pas d’avoir un meilleur album que Born This Way dans les 9 prochaines années (ou que nous n’avons pas eu depuis l’année et demie précédente) ?

Lady Gaga qui passe pour la dame à tout faire, à tout chanter et à tout mettre de la pop depuis 3 années , aurait  pour le coup du s’abstenir de faire étalage de dons de maraboutage qu’elle ne possède véritablement pas.

S’il est dit que Born This Way aurait du révolutionner la pop music, 2011 n’aurait pas du être son année de sortie, peut-être 1979.. et encore? En fait avec une  nouvelle réflexion quelque  peu poussée, aucune année n’aurait pu l’être. Malgré le gros marketing tout autour et cette espèce d’omniprésence de la très charismatique Stephani. On se retrouve  sur cet album avec 14 titres  fortement empruntés et toujours horriblement surproduits.

Cependant le résultat n’est  pas totalement mauvais ou défraîchi, on est dans univers mélodique totalement calqué 80’s sur lequel a été rajouté de l’euro/dance 90’s et en cela quelques bonnes trouvailles ont pu être faites. Quand on enlève les 2 tristes premiers singles, on peut sans peine savourer le 3eme titre  » The Edge Of Glory » dont le démentiel saxophone aura tôt fait d’innover les ondes cet été. Hair, son petit frère peut grincer de la patte mais force est de reconnaître que son écoute est loin d’être pénible, mais rapidement on tombe dans la parodie du style Gaga. Cette espèce de voix grave parlée dans le couplets qui tourne à l’envolée dès l’arrivée de refrains plus ou moins fédérateurs lasse et dessert des titres comme Highway Unicorn qui aurait pourtant être pu très intéressant tourné autrement qu’avec cette ambiance follement Kitsch. C’est lorsqu’elle commence à s’éloigner de ses terrains battus qu’elle devient intéressante comme sur Marry The Night où elle donne littéralement l’impression d’avoir avalé Cindy Lauper ou sur You and I qui semble clairement être un bon rejet de Shania Twain.

Heavy Metal Lover, mélange de pop acidulée et de techno glacée, brille par sa douce efficacité, tout comme Bloody Mary où malgré des jeux de mots extrêmement médiocres :Gaga fait un clin d’œil plutôt sympa à la Madonna du début des années 90’s. Malheureusement, ses moments de grâce passent assez vite et on retombe rapidement dans le médiocre avec des horreurs telles Americano qui ne trouverait pas sa place au générique des pires télénovelas de Thalia ou un Electric Chapel tout droit dérobé au premier album de Paris Hilton. Sn!fe quant à lui aurait pu être sympa si on avait pas tout le  long l’impression d’assister a un strip-tease dans un club de mauvais gout allemand  et Government hooker dont on loue l’originalité reste cependant bien trop fade pour enthousiasmer.

Aux dernières notes de Born This Way (qui est quasiment inécoutable d’un trait), on est donc laissé sur notre faim, car si l’album n’est pas indigeste, il est encore une fois cruellement moyen et manque véritablement d’ambition. Le prétendu génie de Gaga est totalement transparent et surtout la pop music se doit de revêtir le même noir qu’elle sur la couverture si c’est à un tel album qu’elle  devra se résumer pour les dix prochaines années.

Triste Réalité!

9/20.