Push and Shove est le retour d’un groupe qu’on attendait plus. La bande à Gwen Stefani , No Doubt, se retrouve 11 ans après  » Rock Steady »  pour  un sixième projet peaufiné au cours des 24 derniers mois. 11 titres principalement concoctés aux cotés de Mike Spent (à qui ils doivent plusieurs succès de leurs précédents travaux) mais aussi de Anthony Gorry ou de la formation électronique Major Lazer pour donner un peu de piment à la recette. Une dizaine de chansons, on pourrait trouver ça léger comparativement à la longue absence mais avec 5  opus en 2 décennies, on ne peut pas dire que le groupe ait habitué ses admirateurs  à un rythme effréné et ce n’est donc pas plus mal qu’ils n’aient pas cherché à trop en faire sur celui-ci.

Lorsqu’on a 25 ans de carrière et 25 millions d’albums vendus, il est toujours difficile de savoir quelle direction musicale empruntée  pour garder les nostalgiques de nos premières aubes sans rebuter la nouvelle génération. C’était le pari de ce projet et il était plutôt réussi en introduction avec la chanson Settle Down. En effet, pour un groupe qui  a toujours travaillé une  image  faussement rebelle, extrêmement juvénile, un peu hors norme, (sans toutefois réellement l’être), elle permettait d’huiler la machine  en mixant influences reggae et fine electro. Settle Down est saillant, aussi accessible qu’un tube de Katy Perry,  sans franchement trop s’éloigner  de l’univers de base des 4 compères.  Tout comme  » Looking Hot »,  » One More Summer » et « Push and Shove » qui lui succèdent dans la première partie de l’album. On assiste à un cocktail sympathique allant de la tentation dance et chaude du premier à la géniale boucherie electro-ska qui donne son nom à l’album. Des titres certainement commandés ( imposés?) par la maison de disques qui respirent cependant une indéniable fraîcheur portée par la pétillante Stefani.

Le reste de l’opus est cependant moins ambitieux. Easy, Heaven sont des tentatives de moderniser Blondie qui tombent un peu à plat. Les refrains  FM 80’s de ‘ Undercover » ou de  » Gravity » sont charmants mais sonnent deja-vus et prévisibles. On a juste envie de sauver  d’applaudir  » Sparkle » et sa touche d’exotisme qui s’inscrit dans la droite lignée des solides bases qu’avait posé  » Rock Steady« .

Vous l’aurez compris, Push and Shove est un opus assez inégal, loin d’être désagréable mais pas totalement abouti et assez faignant sur certains bords (la seconde partie). Cependant,  de la part d’un groupe comme No Doubt qui a été façonné depuis 2 décennies  il ne fallait pas s’attendre à autre chose que  le minimum syndical. L’avalanche de prise de risques folles, les morceaux moins lisses, plus coriaces, on va espérer les trouver sur le prochain opus de Gwen, qui ne devrait surement pas tarder au vu de la réception assez tiède de cette ère.

12.5/20.