On reprend les « Old But Gold » avec une chanson de Richard Bona, un chanteur camerounais mais aussi l’un des plus grand bassistes de ce monde. Il a reçu de nombreuses récompenses au cours de sa carrière ( Grand Prix du Jazz de La Sacem, Prix album Jazz ) et a réussi à être nominé aux Grammys Awards. Son dernier alum  » Bonafield » est sorti cette année mais ce n’est pas de celui ci que je vais vous parler.

Nous allons revenir sur un titre  » Muntula Moto » extrait de son second opus « Reverence » qui est selon moi une véritable pépite.

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Pour la petite histoire, mon père est un grand fan du monsieur. Chaque matin, dans la voiture, pendant le trajet pour m’amener au lycée, il mettait cet album et ça me désolait, je boudais et mettais mes écouteurs pour continuer à vivre dans mon monde avec mes chansons de Ginuwine ou 112. Puis il a constaté qu’on ne parlait jamais, nous étions dans la même voiture mais aucun mot, chacun était dans son univers et ça lui a déplu. Bien évidemment, c’est moins qu’il a puni, j’ai eu l’interdiction d’écouter de la musique avec mon baladeur. On devait parler et par la même occasion donc : j’écoutais Bona chaque jour. Ça m’a pris un certain temps mais je suis tombé totalement amoureux de cet album et par la même occasion du monsieur.
Il a des arrangements profondément jazzy  à la fois simples et sublimes avec une pointe de soul absolument délicieuse. Son timbre de voix grave ne manque pas de délicatesse et il manie à merveille la langue (le douala) qui reste un langage très musical, véritablement lyrique et harmonieux. C’est un dialecte très facile à chanter et ici le texte de «  Muntula Moto » ne manque pas de profondeur vu qu’il s’exprime sur le fait d’accepter de vieillir,de le faire sans avoir de regrets.
Je vous ai traduit un des couplets.
« Vieillir n’est pas une cause de la colère ou de regret.
Chaque matin, où vous vous réveillez est une bénédiction.
Être actif et profiter de votre vie.
Préparez-vous à la vieillesse lorsque vous êtes encore jeune, vous n’aurez rien à regretter plus tard. « 

 Mais il le raconte de toutes façons bien mieux que quiconque et  que n’importe quelle traduction.  Je vous conseille donc d’écouter cette chanson et ensuite de vous familiariser avec l’univers de l’artiste.

 Pour la fin de l’histoire , très vite lors de cette même année, mon père a eu moins de temps. J’avais donc un chauffeur qui était chargé de m’accompagner à l’école et de ramener à la maison.Il était  plutôt jeune et aimait  beaucoup 50Cent mais j’avais désormais changé et je prenais un malin plaisir à lui faire écouter Bona chaque fois que j’entrais dans la voiture. A la fin de l’année scolaire, nous chantions souvent le refrain de ce titre à tue tête en narguant les passants..