kissmeonce

Kylie Minogue est une abonnée des thèmes de l’amour et du sexe. C’est inextricable, elle adore ça. Quatre ans après «  Aphrodite » où elle s’était transformée en reine des sentiments – un peu décevante quand même – elle revient avec « Kiss Me Once ». Un opus plus léger et rêveur où elle se met cette fois dans la peau d’une jeune fille qui raconte l’amour et ses méandres comme elle voudrait qu’ils soient plutôt que comme ils le sont réellement. Les deux approches peuvent sembler paradoxales mais elles sont finalement très logiques.

La fée australienne fait partie de ses femmes qui n’ont pas d’âge, et ça se ressent dans la musique de cet album profondément feutré. C’est un recueil de chansons pop électroniques qui s’ouvre sur l’excellent « Into The Blue ». Certes, le single est passé totalement inaperçu mais ça reste un des meilleurs titres de Kylie qui combine à merveille rythmes dansants et textes mélancoliques légèrement revanchards. Et puis il y a cette grâce dans son interprétation, cette façon de susurrer ses mots qui fait fondre. On a envie de la suivre partout où elle va, ou presque. La pop éthérée, joviale que propose l’opus charme cependant sans aller au-delà du fait de l’absence de prise de risque. Le manque d’excentricité crée un vide. Minogue, soucieuse de jamais trahir son ADN pour cajoler une certaine intégrité artistique oublie qu’elle s’expose aussi au risque de lasser l’auditeur. Au rang des titres les plus marquants, on mettra Sexy Love et sa légère influence Janet Jackson, A Million Miles Away , Feels So Good, ou encore Fine réservé aux nostalgiques du fait de son instrumentale très 90’s. Dans les moins aboutis, on retrouve bien évidemment I Was Gonna Cancel (produite par Pharrell qui a recyclé les « Go Go Go » du pré-refrain qu’il avait déjà offert à « Grenlight » de Beyoncé,bonjour l’inspiration) mais aussi le duo survocodé avec Enrique Iglesias qui porte très mal son nom. La chanson est en effet tout sauf « Beautiful » tandis que des titres comme « Sexified » ou « Les Sex » sans être mauvais, ne demandent pas être réécoutés en dehors d’un album.

Un opus globalement agréable donc mais qu’on n’érigera pas au panthéon de ses grands albums, ni de ceux de l’année. La vraie surprise aura été qu’on ne ressente pas « la conquête de l’ouest », il n’y a nul part dans cet album une réelle envie de conquérir le marché américain alors qu’on s’attendait à ce que ce soit son but principal après la signature chez Roc Nation. On nous avait vendu du rêve dans les annonces, avec des Dj Mustard, Blood Orange, Rodney Jerkins à la production et au final: le retour à la réalité est un poil frustrant.

 

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13/20.

La video de  » I Was Gonna Cancel ».

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Avec ce genre de choses, elle est sur de pouvoir se reconvertir dans la signalisation routière, si la musique ne marche plus un jour.