La plupart des gens ont découvert Ashanti en tant que princesse du Murder Inc. Elle a explosé entre 2001 et 2002 en posant sur les refrains des fameux titres « Always On Time » de Ja Rule ou encore  » What’s Luv » de Fat Joe. Le public tombe amoureux de cette jolie fille à la voix fluette qui propose un R&B baby, voire un peu rose bonbon. Le mariage entre Shany (de son sunom) et le grand public sera d’une relative courte durée et, dans un prècédent dossier, on est revenu sur le pourquoi du comment.

[Dossier] D’Ashanti à  » Braveheart »: L’histoire d’une décheance.

 

Aujourd’hui, on revient sur l’autre carrière de cette fille, qui a toujours été dans l’industrie du disque. En effet, très tôt, sa mère répère chez elle une passion pour le chant et la danse. Elle commence alors à prendre des cours pour se perfectionner et, dès l’âge de 12 ans, elle fait les auditions dans les labels. Elle aurait, en effet, pu être une des babystars du R&B au milieu des années 90, à l’instar de Brandy, Aaliyah ou encore Monica, mais la mayonnaise ne prend pas tout de suite. En effet, Ashanti, qui voue un véritable culte à Mary J. Blige (chose qui l’a suivie tout le long de sa carrière et continue d’ailleurs de le faire comme expliqué dans le précédent dossier), peine à convaincre avec sa reprise du titre « Reminisce« . Elle est d’autant plus « handicapée » que sa famille n’a pas les moyens de payer les frais d’enregistrement pour un vrai studio afin d’enregistrer et de produire une démo convenable.

Elle décroche cependant de petits rôles à l’écran, dans le film de Spike Lee « Malcom X » au début, puis dans « Who’s The Man ». L’industrie continue à être très difficile pour elle, qui continue d’écrire ses propres titres en parallèle, avant qu’elle n’ait une chance en 1996. Cette année-là, elle décroche une audition devant Diddy et Biggie. Bien évidemment, elle chante encore une fois un titre de MJB. Diddy adore et décide de la signer pour un deal de développement. Toutefois, au bout de quelques mois, elle se rend compte qu’elle n’est pas satisfaite par l’offre de Diddy et quitte Bad Boy. Ils ne savent pas encore, à ce moment-là, qu’il sera la pièce maitresse pour lancer sa carrière, quelques années plus tard.

En 1997, l’année d’après, Jive Records repère Ashanti mais trouve qu’elle n’est pas assez bonne pour être une chanteuse de R&B. Ils lui proposent d’être un deal, en tant que chanteuse pop. Là, encore, la grande fan de MJB en elle tourne les talons. Elle continue cependant d’enregistrer des chansons ici et là, et finit par rencontrer le petit producteur Genard Parker, avec qui elle signe un deal. Ils enregistrent plusieurs chansons au cours de l’année 1997. Rien de bien marquant sur le coup mais ce premier deal sera en quelque sorte déterminant pour elle. Il ne peut pas la faire avancer mais vu qu’elle signe avec lui, elle est son artiste. Ashanti continue cependant de frapper aux portes des grandes Majors avec son projet, dans l’espoir d’être recrutée, mais personne ne veut croire en elle dans ce créneau R&B. Elle rencontre une autre équipe de producteurs en 2000 et se met à écrire des titres avec eux, en attendant de tomber sur un gros producteur. La chance lui sourit quand elle rencontre Irv Gotti qui aime ce qu’elle fait. Elle veut, à ce moment-là, qu’il lui produise des chansons, afin de lui permettre d’être signée dans une maison de disques. Le fait d’être tout de suite soutenue par un gros label reste une obsession pour elle. Lui, voit les choses autrement et c’est donc lui qui a cette fameuse idée de lui proposer de chanter d’abord sur les refrains et couplets de rappeurs. On la retrouve au début sur « How We Roll » de Big Pun, puis sur « Pov City Anthem » et « Just Like a Thug » de Cassidy... et elle finira donc par exploser avec « Always On Time » et « What’s Luv », quelques mois plus tard.

C’est cela qui va entrainer sa signature chez Murder Inc… et qui va finalement lui faire faire un retour en arrière. En effet, quand elle signe chez Murder Inc et qu’il faut préparer son album avec le single « Foolish », elle doit aller frapper à la porte d’un certain Diddy. L’homme qui l’avait signé 6 ans plus tôt et avec qui cela ne s’était pas bien passé. Pourquoi? Le titre sample « Stay With Me » de Debarge mais aussi « One More Chance » de Biggie et c’est Diddy qui s’occupe des droits de Biggie à cette époque. C’est donc lui qui doit donner l’autorisation, surtout qu’ils veulent aussi le couplet de Biggie pour la version « Unfoolish » afin de lui confirmer une street crédibilité.

Après beaucoup de reflexions, il lui accordera cette faveur et lui permettra de lancer sa carrière avec une chanson qui a passé 10 semaines en tête aux USA.

L’opus « Can’t Stop ».

Toutefois, le succès d’Ashanti ne va pas ravir tout le monde, notamment son premier producteur, Gerard, qui lui porte plainte. En effet, il lui avait donné l’autorisation de signer avec Murder Inc seulement s’il produisait des titres de l’album. Au final, le label ne veut pas de lui, donc il les poursuit en justice en demandant 2 millions. Le tribunal lui donnera raison mais il ne repartira qu’avec 660.000 dollars. Non content d’avoir fait ça, il décide de compiler les titres enregistrés avec la Ashanti de 16 ans en 1996 et de les sortir en 2004, sous le nom de « Can’t Stop« . La stratégie est claire, il veut capitaliser sur le succès et l’exposition de son ancienne protégée. C’est donc ainsi qu’arrive, en 2005, un nouvel album d’Ashanti, sans qu’elle-même ne soit au courant.

Il pousse le vice en sortant plusieurs éditions du disque dans différents pays dont une version réservée à la rue, pour s’assurer de toucher le public urbain de la chanteuse.

  1. « Can’t Stop » – 4:01
  2. « Come 2 Me » – 3:52
  3. « More Than a Melody » – 4:49
  4. « You Don’t Have 2 Love Me » – 4:50
  5. « Believe » – 4:17
  6. « Don’t Ever Let Me Go » – 3:47
  7. « It’s About Time » – 3:52
  8. « Baby Baby » – 4:00
  9. « You Always Seem to Make Me Feel » – 3:41
  10. « By My Side » – 3:26
  11. « Baby Baby » (Red Rhythm Radio Mix) 

Sur deux des titres de l’opus, elle ne chante que les choeurs et sur une autre des chansons, on ne l’entend même pas, ce qui met Ashanti dans une colère folle. Elle porte à son tour plainte pour violation de droits et utilisation non autorisée de sa voix, demandant ainsi 1 million de dollars de compensation.

Quelques années plus tard, en 2009, c’est l’autre compagnie AJ, qui avait bossé avec Ashanti en 2001, juste avant sa confirmation chez Murder Inc, qui décide de compiler les chansons faites avec elle dans un projet. Ils intitulent simplement ça « The Vault » mais là il n’y a aucune réaction d’Ashanti. Il semblerait qu’elle ait trouvé une entente financière avec eux, en se gardant de la promouvoir. Officiellement, ça reste une compilation non officielle, mais on voit qu’ils ont du budget, vu qu’ils font une promo.

En effet, ils paient le rappeur à la mode à l’époque, Flo Rida, pour poser sur « Let’s Do Something« , qu’ils mettent en ligne comme étant le premier single du disque.

La chanson date de 2001 mais le rap de Flo Rida a été rajouté en 2009, pour lui donner plus de résonance à la sortie du disque. Le public principalement visé est le public japonais, qui ne suivra pas vraiment. L’album entre seulement à la 110e place des charts japonais. Pareil, le titre « Imagine Life » annoncé comme second single ne relance pas l’euphorie autour du projet.

Il passe donc totalement inaperçu aux yeux du grand public, même s’il contient en réalité quelques-unes des meilleures chansons d’Ashanti. On peut parler de, « Where I Stand », qui est d’une délicatesse et d’une subtilité rare chez elle. Il a été plébiscité et a totalisé des millions de vues sur Youtube malgré le fait qu’il ne soit pas officiel. Une preuve qu’il aurait eu un très bel impact sur un label officiel. Mélancolie et émotion.

Depuis, Ashanti a eu la carrière qu’on connait et sur laquelle on été revenue dans un article précédent, expliquant les raisons de son succès, mais aussi celles de sa chute.

[Dossier] D’Ashanti à  » Braveheart »: L’histoire d’une décheance.

L’heure de gloire étant « passée ». Les maisons de disques ne courent plus derrière elle. Elle est donc signée sur son propre label et entend sortir un Ep, en 2019, si tout va bien. IRv Gotti a annoncé une tournée du Murder Inc entier l’an prochain, mais il n’est pas certain qu’elle sera de la partie, tant les rapports entre elle et son ancien producteur et amant sont tendus. C’est aussi une des raisons qui fait en sorte que l’album en commun longtemps annoncé avec Ja Rule n’a toujours pas vu le jour.

Elle a fait une apparition assez remarquée sur le dernier album de Lil Wayne, mais on peut décemment penser à ce stade, que le « plus gros de sa carrière mainstream » est derrière elle. On peut le voir aussi avec son dernier single, en compagnie de Ty Dollar Sign, passé totalement inaperçue.

Ashanti est de retour avec Ty Dolla Sign sur le très générique « ‘Sayless ».

Comme Keyshia Cole, elle soufre du fait que la personne sur qui elles ont été crées ( Mary J Blige) soit malgré tout restée largement plus populaires qu’elles et donc les options pour « vieillir » sur la scène, sont de plus en plus compliquées.

 

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