Au début du mois de décembre de l’an dernier, dans un très juste article, John Blake, journaliste à CNN se demandait  où était passé « l’amour » dans le r&b. Le spécialiste brossait un historique très sincère de la musique avant de s’interroger sur le fait que cette dernière ait perdu de son essence pour se vautrer dans les titres à connotation sexuelle. Parlant pour lui, il n’avait pas hésité à pointer du doigt les derniers gros succès du genre ( Motivation, Birthday Sex, Bed) qui s’appuyaient totalement sur les plaisirs de la chair a lieu de faire l’apologie du sentiment comme le voulait la tradition première.

Un constat donc assez triste et alarmant qui donnait envie de foutre des claques à Ester Dean ou même à The Dream, principaux auteurs de ce genre de titres……  mais on ne l’a pas fait. Pourquoi? Car 2 semaines après la parution de cet article, sortait le nouvel album d’Anthony Hamilton savamment nommé «  Back To Love ». Un ilot dans le désert, une sorte de pied de nez de la part du maestro qui dès le titre de son album se moquait des petits auteurs de tubes sexuelo-radiophoniques en tenant à prouver que les bases du R&b, l’amour, le vrai sont loin de ne plus être représentées.

Back To Love est donc un album très chaleureux à l’image de son soufull premier single «  Woo » où Babyface montre qu’il n’a rien perdu de sa légendaire versatilité. Entre soul 70’s et influences Groovy 80’s, le titre est une ode non voilée au romantisme comme il n’aurait jamais cessé du d’être. Hamilton use de sa voix chaude pour séduire comme pour s’excuser avec la perle  » Pray For Me » où il titille un R&B à grandes envolées qui n’est pas sans rappeler R.Kelly. Un Kellz qu’il a d’ailleurs de nouveau interpellé sur le titre  » Broken Man » , douce référence à son fabuleux  » When a Woman’s Fed Up ». Les puristes pourront s’insurger contre ce coté assez « mainstream » de l’opus qui atteint ses sommets lors du duo avec Keri Hilson ( agréable mais oubliable) mais globalement, c’est un album suffisamment fort pour porter la chandelle du genre quand il chancelle.

I’ll Wait ( To Fall In Love) , « Sucka For You » ou encore le poignant  Life Has a Way, autant de titres qui auraient déjà pu trouver  lumière  au début des 80’s prouvant que le monsieur sait s’imposer et se construit au fil du temps, une discographie des plus enviables. Il n’y a plus qu’à espérer que les autres  se décident à le suivre.

16/20.

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