teedramosescomplexsimplicityLe 20 juillet dernier, l’album »  Complex Simplicity« , le premier et seul opus à ce jour de Teedra Moses a fêté ses 10ans. L’occasion de revenir sur cet excellent projet de la chanteuse originaire de la Nouvelle-Orléans.

Aujourd’hui âgée de 37ans,  Teedra Moses, c’est la fille de la chanteuse de Gospel Shirley Mosley. Elle se lance très rapidement dans l’industrie du disque mais est d’abord l’assistante et styliste d’artistes comme R.Kelly, Will Smith, ou encore du groupe No Doubt. C’est suite à cette expérience qu’elle décide officiellement de se lancer dans la musique en signant sur le label indépendant TVT.  C’est en fait la seule maison de disques qui lui permet d’écrire entièrement son album,  ils lui donnent la totale liberté qu’elle recherche et qu’aucune major ne veut lui offrir.  Son envie, c’est de faire un projet soul/hip hop dans la veine des premiers opus de Mary J.Blige et de Faith  Evans et elle se sent assez courageuse pour le faire toute seule, sans tous les producteurs à la mode de l’époque sachant que de toutes façons le label n’a pas beaucoup de fonds. L’opus sort le 20 juillet 2004 et hormis elle, Raphael saadiq produit la chanson « Take Me » sur laquelle il est en featuring, pendant que  Lil jon, la grosse star de l’époque lui offre  » You Better tell her » qui n’a cependant  rien à voir avec les titres qu’il a l’habitude de produire  à ce moment là.

Le premier single  » Be your girl » n’est cependant pas beaucoup diffusé dans les radios américaines et l’album ne se vend pas. En revanche, il est acclamé par les critiques partout dans le monde. A l’époque, la seule exposition dont elle « bénéficie » , c’est le fait qu’elle ait écrit  « Dip It Low » de Christina Millian qui cartonne au même moment, mais là encore, il n’y a vraiment que les initiés qui le savent.  Les critiques portent réellement  » Complex Simplicity » du fait de sa grande qualité, la plupart n’hésitant pas à le décrire comme le meilleur album de l’année 2004, comparé aux projets de chanteuses comme Teena Marie ou encore Deniece Williams, et c’est plus que mérité.

[Critique]Teedra Moses Complex Simplicity.

C’est tout d’abord un projet qui porte très bien son nom.  Il a beau être extrêmement riche au niveau des influences et de la production, il s’écoute très facilement.  Tout est très bien dilué, tamisé dans un ensemble groovy, smooth et particulièrement précieux. Elle a un grain de voix cristallin qui adoucie, apaise, donne une réelle coloration à ses productions soul teintées de hip hop commençant par le magnifique  » Be Your Girl ».  C’est le seul titre clippé de l’opus, mais la chanson n’a été que 87ème au top r&b américain et c’est une réelle honte. C’est la quintessence même du titre soul mélancolique, old school mais à la fois très actuel. Sa manière de poser lui donne une innocence rafraîchissante, lui permettant  de franchir l’épreuve du temps avec un aplomb rare. C’est d’ailleurs le cas de la majeure partie des chansons de ce projet, qui ont très bien vieillies.   » No More Tears », comme son duo avec  Raphael Saadiq  » Take Me » sont toujours d’une incroyable douceur tandis qu’on ne peut que savourer la pointe d’énergie 70’s de  » Caught up ». La surprise de l’opus à l’époque  reste la production de  Lil Jon »  you Better tell her » qui ne ressemble à rien à ce qu’il faisait  et qui est toujours aussi efficace. Une chanson rythmée au refrain entêtant qui empêche l’album de tomber dans la monotonie. Elle est placée pile au milieu de ce projet à la fois très simple et chaleureux qui se termine par une jolie touche gospel en ôde à la mère de la chanteuse.
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L’exploitation fut un bordel notamment parce qu’elle était signée sur un petit label mais aussi parce que c’était un label de rap et qu’ils ne savaient pas réellement comment promouvoir un projet R&b du genre. En revanche, l’impact de l’opus a été réel vu qu’il a ressorti en Uk, et qu’il lui permet de faire des tournées et d’avoir un nom dans le r&b underground depuis 10ans. Elle a sorti quelques mixtapes mais rien n’a égalé l’aura de cet album qui continue de lui apporter de nouveaux fans et de vivre simplement et uniquement du fait de sa qualité. C’est une histoire suffisamment rare dans l’industrie du r&b des 00’s pour être notée. La chanson «  You Better Tell Her  » était prévu en second single avec un remix en compagnie de Lil scrappy mais le tout a malheureusement été très vite abandonné.

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En 2004 aussi, pour la première fois, elle a la chance d’avoir un hit mainstream en enregistrant avec Trina, la fameux  » Here We Go Again » qu’elle écrit. Tout était prévu, l’exploitation, le clip.. et finalement, le label choisit Kelly Rowland parce que celle ci était plus exposée grâce aux Destiny’s Child.

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C’est dommage parce que ça aurait pu changer la direction de sa carrière et la perception de cet album mais elle n’a aucun regret à ce sujet. Quand on lui demande si elle aurait aimée être plus reconnue, elle retoque :  » bien sur, comme tout le monde, mais j’ai appris à relativiser et une bonne partie des artistes que j’adore, écoute et admire ne sont pas connus de la plupart des gens ».

Une femme intelligente donc qui n’a pas encore fini d’enchanter son public vu qu’elle prépare une nouvelle mixtape  » Cognacs and Conversations » qu’elle a introduit par le très beau single «  All I Ever Wanted« .

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