Avant fait partie de ces voix R&B qui comptent. Il est un peu dans ce groupe de chanteurs qu’on considère comme des  éternels oasis dans le désert actuel de l’industrie. Le chanteur qui a commencé sa carrière en 2000’s a su toujours rester stable et très pointilleux sur la tenue de sa musique. Il a une ligne directrice, il fait un R&B loveur, un R&B baby making bien ficelé et porté par un très beau timbre.

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C’est presque une devise, mais on sait toujours ce vers quoi il va, qu’importent les moyens qu’il entreprend pour y arriver. Les albums ne sont certes pas tous égaux, l’inspiration n’est pas toujours la même, mais Private Room, Director et Extacsy forment une trilogie qui mérite encore toute notre attention à ce jour. Grand fan de R.Kelly qu’il cite et reconnait comme étant sa plus grande inspiration, il a proposé en fin d’année dernière son 8ème album sobrement nommé « VIII ». Un album introduit par le « Special ». Une ballade R&b comme on en fait de plus en plus rarement. C’est du romantisme auditif, grandiloquent et simple à fois.  Le titre est construit comme du Barry White, interprété avec la douceur  d’un El Debarge  avec une légère touche de Brian McKnight dans l’interprétation. Il y a clairement beaucoup de choses qui font que cette chanson est une perle, mais ce qui est encore plus plaisir est qu’elle n’est pas la seule de l’album. En effet, si  » The VIII » s’ouvre sur l’up-tempo groovy « Find a Way« , il renferme cependant plusieurs mid-tempos R&B parfaitement calibrés. On pourra commencer par citer « Best Friend » où il raconte la fin de son amitié avec une fille qui commence à avoir des sentiments plus qu’amicaux pour lui, « I am not telling  » qui sonne comme quelque chose que Stargate aurait produit pour Ne-Yo au début de sa carrière ou encore « Both of Us » qui aurait du être le second single de l’album; Une autre ballade soyeuse qui tire son influence des travaux de B.Cox et de Johnta Austin. C’est donc un titre très classique avec une mélodie piano vue et revue, mais l’efficacité n’en est pas pour autant éreintée. Il y a cette envie d’avoir un point de vue plus mature au niveau des textes (il évoque ici le fait de surmonter ensemble les difficultés d’une relation) qui lui réussit et qui n’en fait pas un album barbant pour autant. En effet, il touche à des sons plus rythmés sur  « You Know Better » ou « Light Off« , un domaine où il s’en sort correctement, mais de manière plus linéaire. C’est d’ailleurs le principal défaut de l’album, quand il n’excelle pas comme sur les titres précédemment cités, on est laissé dans une sorte de léthargie, ou une sorte d’émotivité forcée comme sur « Mines Do« . La chanson aux sonorités plus nu-soul donne l’impression d’être une longue interlude, pas désagréable, mais mal dosée surtout quand elle est suivie par un titre comme « Take It There ». Un slowjam sensuel qui aurait cartonné en 2000 et qui reste encore incroyablement frais en ce moment. C’est d’ailleurs là que réside la force entière de ce projet. Avant n’a jamais quitté le son R&B des années 00’s et de la fin des 90’s. Toutefois, il est resté sur ce terrain précis, mais sans toutefois paraître dépassé. Il y a malgré tout quelque chose de très rafraîchissant, de très vivifiant qu’on ressent à l’écoute de cet album qui contient des chansons qu’on aimera écouter encore dans 5 ou 10 ans, pas simplement des tubes radios.

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C’était son but avec cet opus, il disait voulait rentrer dans la vie des gens. Il n’en vend  pas des tonnes, mais gageons que le peu de gens qui écouteront ce projet seront attachés aux titres précédemment cités : Both of us,  Special, I am not telling ou encore Doesn’t matter, la ballade au piano qui clôt à merveille cet opus.

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Un album qui a ses défauts, qui n’est pas parfait, qui n’est point un classique, mais qui a néanmoins le mérite d’être très cohérent avec la discographie du chanteur, tout en sachant y apporter une plus-value.

 

14/20.