En écoutant «  The Re-Up » de Nicki Minaj, il faut s’ éloigner d’une des grosses tendances actuelles, celle selon laquelle il faudrait remercier la poulaine de Young Money chaque fois qu’elle pose  ou  sort tout simplement une chanson urbaine. C’est à dire qu’on est devenu tellement habitué à la voir faire de la dance qu’il y a tendance à s’emballer un peu trop dès qu’elle touche à un son urbain . Sans même juger de la qualité du titre, certains sont vite prompts à déclarer que c’est génial  parce qu’enfin Nicki Minaj a fait du hip hop. C’est un piège dont il faut s’éloigner pour apprécier le réel  niveau de ce qu’elle propose notamment quand ce projet qui est donc une réédition conçue en vue de reconquérir son public urbain perdu dans ses excès de zèle avec Guetta et Red One.

Le boss Lil Wayne pour seul invité prestigieux, Ciara et Cassie pour montrer qu’elle a du coeur ( ou sait faire du bénévolat pour des carrières irrécupérables), Tyga pour le quota de mauvais gout et deux inconnus, Thomas Brinx et Parker. Afin de faire les choses proprement et par soucis d’honnêteté ( soucis qui n’est point le sien), on va dégager «  Va Va Voom« , la production de Dr.Luke  plus ou moins plagiée du »  Call On Me » d’Eric Prydz dont la seule présence est du à sa peur du flop. En effet , le titre purement pop déjà présent sur «  Roman Reloaded  » a été réintroduit ici aussi au cas où aucun des singles exploités ne réussiraient à séduire le public . Après la très très mauvaise réception de  » The Boys« , il fallait quelque chose pour assurer les arrières et c’est cette chanson qui a été choisie. Quoiqu’il en soit, ça ramène à 7 , le nombre de chansons à décortiquer sur ce projet et au vu de la qualité, c’est déjà  pas mal.

Nicki Minaj a un soucis qu’on avait déjà noté dans les chroniques de ses 2 premiers projets, elle  a un flow de base sympathique mais pas suffisamment fort ou marquant pour faire un grand titre rap toute seule. C’est à dire qu’il faut qu’elle soit en featuring, qu’il y ait du chant ou beaucoup de boom booms pour que son phrasé basé sur un lot de mimiques puisse se démarquer. Sur «  The Re-Up« , les producteurs et son équipe l’ont compris donc ils essaient de récréer la formule du premier album avec une espèce de raprnbisé  et même souvent très pop ( Freedom) mais comme la fois précédente , ça tombe un peu à plat. Ce n’est forcement trop mauvais, il y a des bons moments avec le  coté old school de « High School » , la petite invitation au dancefloor façon Foxy Brown sur  » Hell Yeah » mais le tout reste quand même frappant d’inutilité. La partie rap  de  » Roman Reloaded »  n’était déjà pas extraordinaire mais avec des titres comme «  Sex In The Lounge« , « Champion » , elle s’avère bien plus intéressante que cet Ep conçu une nouvelle fois à la va -vite pour rassurer Onika qu’elle n’est pas totalement au fond du gouffre artistiquement parlant. Malheureusement, c’est tout le contraire,  » The Re-up » nous confirme qu’elle est une  « artiste » perdue au milieu de ses milles et une contradictions et ce n’est le succès facile du moulu  » Freedom » ou l’hymne à majorettes du ghetto avec Ciara qui l’aideront à remonter la pente.

Triste Réalité!

Image de prévisualisation YouTube