En parcourant la toile et certains forums musicaux dans la semaine, j’ai été frappé par de nombreux commentaires au sujet des ventes de première semaine de l’album de Lady Gaga et plus généralement des chanteuses pop mainstream en ce moment. Il faut dire que ce n’est pas vraiment la joie. Quand une Katy Perry tient le leardership du genre avec moins de 300.000 copies en première semaine, c’est douteux, voire mauvais. Des opus surmédiatisés comme « Artpop » de Lady Gaga se cassent carrément la gueule malgré les millions de dollars qu’investissent les Majors pour les défendre. La rumeur a d’ailleurs couru qu’Interscope avait bousillé près de 25 millions de dollars pour l’exposition de cette dernière. Au final, voyant qu’ils ne retourneraient pas dans leurs frais, 50 employés ont été remerciés.

La pop féminine qui a en quelque sorte été la locomotive de l’industrie du disque depuis une trentaine d’années va mal. C’est face à ce constat que j’ai vu des avis très tranchés, nous expliquant qu’il fallait regretter, et même prendre en pitié ces filles, car leurs chiffres, désormais très bas, signifiaient la fin, voire le cataclysme total pour l’industrie du disque. C’est un discours que l’on avait également entendu l’an dernier quand Kesha avait connu un flop grossier malgré l’énorme succès et matraquage de son titre « Die Young ». (Un auto-hommage ou jeux de mots d’ailleurs très intéressant quand on en arrive à parler de la longévité de sa carrière.)

Le fait que cette idée revienne cette année avec une certaine ténacité, face aux scores de Katy Perry, Lady Gaga, Britney Spears et même dans une moindre mesure Miley Cyrus, ne la rend pas pour autant plus véridique. Il est évident que nous sommes en pleine crise du disque et qu’il faut un changement de modèle dans la manière notamment de vendre la musique. Les gens n’achètent plus simplement une chanson parce qu’ils l’aiment. Acheter une chanson est devenu un acte militant. Quand tu achètes un titre ou un album, l’acheteur dit clairement à l’artiste « JE VEUX TE SOUTENIR TOI, je veux soutenir la musique que tu fais, », « je veux soutenir ce que tu apportes à l’industrie du disque ». Voila, c’est ça ! Tout le monde peut avoir accès à n’importe quoi gratuitement avec internet donc il faut créer ce sentiment là chez le consommateur et c’est exactement cette chose là, cette petite flamme là que les filles de la pop ont perdue.
Pourquoi l’ont elle perdue me direz vous ? La musique proposée tout simplement, la musique proposée…

Il y a une tendance à se dire que ce n’est pas bien grave, qu’on est toujours trop dur avec elles ou que la pop c’est fait pour s’amuser. Et ce n’est d’ailleurs pas faux dans l’absolu, mais on peut aussi se rendre compte et comprendre que face aux mêmes gimmicks, des mêmes producteurs qu’elles s’inter-échangent depuis une quinzaine d’années le public finit par connaitre les ficelles et en a marre. Le fait de ne pas acheter les opus de ces demoiselles ne constitue pas un simple rejet de l’achat de musique mais bien une sonnette d’alarme pour elles et ce qu’elles proposent dans leur grande globalité.

La provocation déjà vue et revue, les rythmes usés et les onomatopées ridicules ( oh oh oh oh – nananananana hey hey hey .. ela ela ela ela- on the floo-or-oor–ooor) ..ne fonctionnent plus. On a besoin de rêver, on a besoin de s’évader. Les grandes lignes de l’histoire de la pop ont été écrites depuis longtemps et ces filles ne font que les suivre sans y apporter un réel changement ou renouveau. Adèle a réussi à très bien vendre son dernier album en s’échappant des sentiers battus. Daft Punk, Michael Bublé .. et on a par exemple le succès surprise et récent de « Say Something » des A great Big World.Pareil en R&B, personne n’aurait misé sur une chanson comme «  It Won’t Stop » de Sevyn Streeter mais on elle a décollé dès qu’il y a eu de l’exposition. On voit bien que chaque fois qu’on apporte quelque chose de différent au public, il sort de sa caverne et soutient les artistes qu’on leur propose, tant que c’est de la qualité. Les réussites modérées ou échecs des chanteuses pop actuelles ne sont donc pas à aliéner sur l’état de l’industrie,mais plus sur la qualité de leur travail et le manque de constance criard qui commence à les caractériser à l’instar de cette chère « Britney Jean » qui vient de proposer un opus totalement qui paraitrait indigne à Indra. Apercu..

Image de prévisualisation YouTube

Comment peut-on esperer fédérer des acheteurs d’albums avec une chose pareille ? La question, le fond du débat se trouve indubitablement là.
Triste Réalité !