Vianney vient de proposer le clip de son nouveau single « Moi Aimer Toi« .

Ce n’est pas un artiste dont on parle habituellement sur cette page et on ne va pas commencer à le faire aujourd’hui. Toutefois, cette video est interessante sur un point de racisme ordinaire précis, qu’il est nécessaire de mettre en exergue. Il connait un certain succès depuis plusieurs années, et on a jamais vu de noirs ou d’artistes noirs dans ses videos. Ce qui est factuel et n’est en aucun cas un reproche. Il est libre de mettre en avant ce qu’il veut comme il veut dans chacune de ses vidéos.

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Il a le parti d’être le gendre parfait. Les codes sont très inspirés des 60’s et c’est clairement destiné aux jeunes filles, en sachant qu’avec une image aussi lisse, les mamans approuveront. C’est assez lisse, voire très lisse, mais, c’est pensé pour produire cet effet, et ça semble plutôt bien marcher pour lui.

Chronique d’un racisme ordinaire.

Toutefois, dans la dernière video de Vianney, il a quelque chose de particulièrement dérangeant. Celle-ci est censé porter le clip de la chanson « Moi Aimer Toi », qui est le nouvel extrait de son dernier disque.

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Tourné en Afrique Du Sud, on l’entend dire dans le refrain :

« Si moi aimer toi, blesser moi Si moi aimer toi Quand moi aimer toi, blesser moiQuand moi aimer toiSi moi aimer toi, blesser moiSi moi aimer toi Quand moi aimer toi, moi blesser Moi »

Pour rappel « moi aimer toi » avec son verbe à l’infinitif et cet emploi particulier des pronoms, appartient à un usage du français bien précis : le petit nègre. Il correspond à la version simplifiée du français que l’armée coloniale enseignait aux indigènes des pays colonisés. Dans la culture, ce langage a longtemps été considéré comme le véhicule d’un racisme ordinaire . Personne n’a oublié la fameuse publicité « y a bon Banania » ou les « ça y en a missié blanc » de Tintin au Congo, ou encore « Tarzan aimer Jane », c’est dans le même esprit.

Là, encore, on peut penser que c’est un usage normal pour un artiste pop. Il a le droit d’écrire et d’utiliser les expressions qu’il veut, mais l’association avec cette vidéo provoque un profond malaise.

En effet, il est allé tourner le clip en Afrique Du Sud. Un pays au lourd passé colonial, qui a connu les blessures de l’Apartheid. Là, on voit le petit homme blanc qui se balade autour d’enfants noirs, qui s’excitent et dansent autour de lui chaque fois qu’il dit  » « Si moi aimer toi ». C’est une stricte référence à cette époque, en l’infantilisant et le faisant passer pour une sorte d’innocence joyeuse.
A ça, on peut ajouter  les lourdes références aux clichés racistes (notamment le maquillage des musiciens noirs avec le pourtour blanc de la bouche au « blackface » américain, dont l’usage ne fut aboli que dans les années 60) et on tombe carrément dans le malsain.

Vianney n’est pas le premier, mais cette façon malicieuse, de jouer avec les symboles d’une histoire de l’occident colonialiste et ségrégationniste, pour étayer une chanson ( plutôt médiocre) sur l’amour adolescent , relève au mieux d’une ignorance perfide, et au pire de la cruelle ironie.

Triste réalité!

 

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