On le dirait pas, peu le savent mais Tamar Braxton est en réalité ce qu’on peut considérer comme une vétérante de l’industrie du R&B. C’est grâce à la télé réalité, Braxton Family Values qu’elle a réussi à exploser aux yeux du grand public, mais ça fait bien de 20 ans qu’elle essaie de se créer un nom. Elle a fait ses débuts en même temps que sa grande sœur dans le groupe The Braxtons avec leur premier album en 1990. Ensuite, quand Toni prend  son envol, elle retente l’aventure en famille avec Traci et Towanda sur l’opus « So Many Ways « ( à écouter d’ailleurs) mais là encore, le public n’a pas mordu à l’hameçon. Toni l’a alors prise sous son aile et aidé à décrocher un premier contrat solo. C’était en 99 , sur le label Dreamworks et tous les gros calibres de l’industrie de l’époque s’étaient retrouvés en studio avec Elle. Jermaine Dupri, Missy, elliot, B.Cox, Tim and Bob ( qui venait d’exploser avec le « Into You « de Tamia) ou encore Christophe Stewart pour l’aider à concocter ce qui constituait un opus de R&B mainstream tout à fait sympathique, et d’ailleurs plutôt efficace dans son genre.

Malheureusement la mayonnaise n’a pas pris. Une mini reconnaissance pour la chanson  » If You Don’t Wanna Love Me » mais un flop étourdissant pour l’opus qui n’a pas franchi la barre des 100.000 ventes.

Énorme  et 3eme revers donc pour la chanteuse qui ne s’est cependant pas découragé. En 2004, on la retrouvait aux cotés de L.A Reid pour un nouveau projet. Un single promo avait même été envoyé aux radios «  I’m Leaving » mais là encore une nouvelle fois, un impact quasiment nul auprès du grand public.Il s’en est suivi une longue traversée du désert pour celle qui a toujours parallèlement assuré les choeurs et backgrounds pour les opus de sa soeur. Sachant tous les producteurs, toutes les scènes que celle ci a du cotoyer depuis une dizaine d’années, on peut aisément imaginer que Tamar n’est pas une petite novice.

C’est une des raisons pour laquelle on attendait avec impatience ce second album solo, à l’annonce de sa sortie,suite à la bonne réception de la ballade R&B qui donne son titre à l’album  » Love & War« . Le second single  »  The One », son savoureux sample de biggie nous avait confirmé qu’elle allait dans la bonne direction et  puis  il y a eu le 3eme extrait. La ballade « All The Way Home », le titre R&B parfait digne de quelques des plus gros tubes de sa grande sœur, le genre de chansons qui te font une carrière pour bien nous montrer que la chanteuse avait  pris des notes pendant ses années de galère, sortait les crocs et venait en force.

L’écoute de l’opus nous procure cependant une pointe de désenchantement.

Tamar choisit de jouer la carte de la sûreté à fond et nous offre finalement un opus de R&B  sans grande originalité, bien fait dans sa grande partie mais sans aucune surprise ou nouveauté pour le genre. Elle partage son jeu vocal entre sa soeur et Mariah Carey. Ce sont ses  principales influences, elle les connait à merveille, ce qui lui permet d’avoir une palette non négligeable qu’elle met en exergue par exemple sur des titres comme  » Where It Hurts », Pieces » ou encore via le magnifique  » Stay and Fight » où son timbre tend cette fois à nous remettre Sade en mémoire.

De l’autre coté, pour ne pas non plus paraître trop déphasée, elle s’emploie aussi à nous refiler des up tempos très urbains de manière plus ou moins bancale ( She Did That, One and One Fun,  Hot Sugar), des titres pas forcement désagréables mais qui ont du mal à s’intégrer à l’ambiance globale du projet. Il y a comme une cassure, surtout qu’elle retombe ensuite très rapidement dans le modèle du mid tempo affectueux et classique comme  on peut le voir sur  » Sound Of Love »,   » Prettiest Girl » ou encore l’hymne gospel qui clôt l’opus  » Thank You Lord ».

Un titre simple, classique, agréable et très bien chanté mais pas spécialement marquant, et en ça il représente assez bien ce second album de la benjamine Braxton. C’est un joli projet mais dans sa majeure partie, il manque clairement de patte artistique, on ne voit pas Tamar. Monica aurait pu chanter quasiment toutes les ballades et mid tempos présents ( d’ailleurs  Pieces et  Where It Hurts sonnent comme des rejets de ses précédents opus) qu’on n’y aurait vu que du feu et c’est là où le bas blesse.

Hormis «  All The Way Home » , « Love and War » ne devrait pas avoir une grande portée dans le temps. Il doit ses ventes à la télé réalité et la personnalité excentrique de la chanteuse qu’a sa réelle qualité car en réalité, il n’y a rien dans cet album que Fantasia, Brandy, Keyshia Cole ou même Toni Braxton n’ont fait dernièrement en mieux. Tamar profite juste en ce moment de l’intérêt autour de ses folies et pour que cet intérêt continue à la servir dans sa carrière musicale, faudra qu’elle se dépêche dès l’année prochaine de nous sortir un opus, qui nous prouvera qu’elle peut faire encore mieux, sachant  qu’elle a quand même 20ans de métier derrière elle.

13.5/20.

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