nickiminajanaconda

Zaho disait  »  La roue tourne, retour à la case départ », c’est une phrase et un refrain très exhaustifs pour mettre en exergue l’actuelle situation de Nicki  Minaj dans l’industrie du disque. La rappeuse de Young Money est aux abois comme le montre la pochette  vulgos de son single  » Anaconda » qui reprend en bloc tous les codes visuels déjà usés jusqu’à la moelle par Lil Kim et Foxy Brown, il y a de ça plus de 15 ans.

Après même pas 4 ans d’une course qui n’aura pas été sans réelles embûches, Nicki Minaj vacille déjà . Vous vous souvenez du beef avec Lil Kim en 2010 ?  L’opinion publique lui avait donné raison, elle était sortie sans aucune égratignure de cette bataille qu’elle avait pourtant lancée en attaquant et en reprenant à son compte plusieurs des atouts de celle qui a longtemps été considérée comme la reine du rap. Personne n’a cependant voulu écouter Kim qui n’apparaissait plus que comme la vielle rageuse désespérée , haineuse de voir une jeune femme plus fraîche qu’elle réussir.

Aujourd’hui, les rôles sont en train de s’inverser. La chanson Superbass extraite de l’édition deluxe de son premier album avait entamé un clair tournant pop, et ça  fonctionné. Du coup, elle a continué en allant vers l’électro-pop, le tout agrémenté de collaborations avec des petits démons comme David Guetta, Florida, Red One qui ont enfanté des singles beaufs tels que Starships, Pound The Alarm,  ou encore le ridicule  » Where My Girls At « . Le public Hip-Hop américain a tout de suite gueulé, la raillerie s’est mise en place. Si le succès mainstream a été plus ou moins évident pour quelques uns de ses singles, l’album s’est clairement beaucoup moins vendu et les critiques ont été vives, voire violentes de la part de la plupart des DJs hip-hop qui se sont mis à en faire une blague … et à ne plus soutenir les singles rap qu’elle sortait en parallèle.

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Misère! C’était pourtant là le réel plan de Nicki. Onika Tanya Maraj de son vrai nom avait pensé prendre les principaux protagonistes de la scène mainstream en traitre en combinant 2 styles. Elle voulait d’une part boxer dans le même ring que des Katy Perry, ou des Kesha avec des singles pop comme Starships et ensuite aller se battre avec des rappeurs avec des titres comme  » Beez in the trap » ou encore  » Champion ». Seulement, on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le cul de la fermière: et ça, le public hip hop américain le lui a clairement fait comprendre. Ils sont très à cheval sur ce genre de désertion et ont immédiatement cessé de la soutenir.

Elle a bien compris que le vent tournait et a proposé un album pour faire une trève: une réédition urbaine  »  Pink Roman Reloaded » voulant montrer qu’elle était encore ghetto, et se souvenait de ses racines. Mais personne n’a mordu à l’hameçon: c’est une collection de flops. 3 titres sont principalement mis en avant:  » The Boys » avec  Cassie, Freedom, et  » High School » avec Lil Waynemais aucun ne décolle.

 Une claque dans les règles de l’art qui ne la décourage cependant pas totalement. Elle est déçue, mais décide d’une certaine manière de reculer pour pouvoir mieux sauter. Elle prend sur elle pour savoir quel serait la meilleure formule pour combiner les 2 publics. Elle sait que les fans de rap achètent les albums, les fans de pop achètent les singles. Elle veut les 2. C’est à ce moment qu’il lui vient l’idée de  » pills’npotions » qui est en fait un collage de pop-chant-rap, un hybride très très light, façonné pour toucher le plus grand nombre de personnes possibles.  Elle est même allée jusque dans le détail d’avoir un rappeur connu et crédible (The Game) dans le clip pour bien faire des appels de pieds au hood. Mais ce  à quoi elle n’avait pas pensé, c’est qu’elle ne serait plus là seule à ce moment précis. En effet, le public pop connu comme étant très infidèle, a découvert une petite australienne sympathique et marrante en la personne d’Iggy Azalea. Elle leur offre ce qu’il veulent: du rap-poppisé avec des visuels soignés. Ils adhèrent et la portent à la première place du HOT 100. Une place que Nicki Minaj a toujours convoité sans jamais réussir à avoir, et ce malgré ses innombrables collaborations. Seules 3 artistes féminines ont réussi à aller aussi haut aux U.S.A, Lil Kim, Lauryn Hill et …Iggy Azalea. Panique à bord! Nicki – qui n’avait jamais eu de vraie rivale sur la scène mainstream – prend peur et retourne rassurer la base: ça se passe au micro des Bet Awards où elle lui fait un clair procès en authenticité.  On l’entend dire  » Oui mais j’écris mes paroles », façon de dire aux vrais fans de hip hop « Je suis une vraie, je ne suis pas un patin comme certaines, comme cette Australienne. Suivez moi».

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L’idée n’était pas mauvaise sachant qu’Iggy Azalea n’est pas non plus très appréciée dans la communauté hip hop américaine: mais elle a oublié ce qui lui avait permis de GAGNER contre Lil Kim, à savoir que tout n’est qu’une question de perception. En effet, elle pouvait avoir raison sur le fait qu’Iggy n’écrive pas, comme Lil Kim avait raison sur le fait qu’elle la copiait: mais dans la situation dans laquelle elle est, ça ne sert à rien de le dire. Ça la juste fait passer pour la rappeuse rageuse de voir une autre fonctionner, comme Queen B face à elle en 2010.

Et maintenant, elle propose la pochette d’un single trash (qui va sûrement repousser les fans -souvent très jeunes- de ses titres pop-dance ou le public qui la regardait sur American Idol), qui sera sûrement très hip hop, histoire de forcer un retour aux bases maintenant. Il y a ce parfum de désespoir ressenti par presque tous, et pas sûr que le public hip hop américain apprécie, quelque soit le soutien de son label Young Money , et quelque ce soit la qualité de la chanson. Cette dernière sera quand même produite par Pollow Da Don et Da Internz.

La chanson est apparue en qualité Low pour le moment.