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Depuis 20 ans, c’est toujours la même chose. Chaque fois qu’Aretha Franklin annonce un nouvel album, il y a cet espèce de vent de bienveillance qui s’empare du monde qui la regarde et attend qu’elle réussisse à nous éblouir à nouveau. Paul Coelho disait :« Quand tu veux quelque chose, tout l’univers conspire à te permettre de réaliser ton désir. » C’est un peu la même chose avec Aretha, quand Aretha va sortir un album, c’est comme si le monde entier se mettait autour d’elle avec tout l’amour du monde pour la voir réussir à nouveau… Mais depuis 20 ans, le puzzle n’est pas à sa place. Il y a toujours un petit quelque chose qui est absent et malheureusement avec « Aretha Franklin Sings The Great Diva Classics«  sorti Lundi, c’est Aretha elle même qui manque à l’appel.

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Faire un album de reprises à 72 ans et avec la carrière qu’a Franklin, ce n’est pas une mauvaise idée. Au contraire, c’est même commercialement intéressant vu que les plus âgés, ceux qui achètent par camions Michael Buble, Susan Boyle, Tony Benett ou encore Barbra Streisand adorent ce genre de projets. L’idée n’était donc pas épouvantable mais tout à pécher dans la réalisation parce que quand tu t’appelles Aretha Franklin, tu ne dois pas faire que chanter des chansons, tu dois les incarner comme tu as su le  faire avec brio tout au long de ta légendaire carrière.

La critique qui l’assassine lui a fait beaucoup de reproches sur sa voix mais la voix est loin d’être le véritable problème de cet opus. Certes depuis « So Damn Happy », Franklin a pris l’habitude de « brailler » un peu plus que d’habitude mais ce n’est pas si gênant que ça au final surtout qu’à son âge, elle a toujours dans le coffre suffisamment d’énergie pour renvoyer au placard 95% des chanteuses actuelles. De ce coté, il peut y avoir quelques imperfections comme sur « I Will survive«  ( le plus flagrant) mais  d’une certaine manière, ça peut se tenir, ou du moins, ça aurait pu se tenir.

Ce qui fait que cet opus frôle réellement l’indigeste, ce sont les arrangements sûrement voulus ou alors imposés par l’homme derrière ce projet Clive Davis. Il a fait signer Aretha sur son label, lui a demandé de faire des reprises dans l’intention de les vendre  (car comme signaler plus haut, c’est un créneau porteur) et s’est dit dans le même temps qu’il ne fallait pas trop éloigner les chansons de leurs versions originales. Non, Clive a pensé qu’il fallait juste mettre un peu de poussière, nous foutre des rythmes reggae biaisés par si, des boites à rythmes datant de l’époque d’Asterix et Obelix par là, mettre le nom d’Aretha et le tour était joué. Malheureusement, ce n’est pas le cas, cette espèce de mixture variétoche datée faussement soul agace et déçoit profondément. D’une part, parce que la plupart de ses titres ne méritent pas ça… Et d’autre part parce qu’Aretha d’elle-même est tout à fait capable de proposer mieux que ça. Elle produit, arrange et a sa patte qu’on reconnait d’ailleurs sur « People » qui est sûrement d’ailleurs la chanson la plus réussie de l’album. On l’a vu sur « Touch My Body » de Mariah Carey ou plus récemment sur « I Will Always Love You » de Whitney, elle sait transformer les titres en du Aretha, et l’absence globale de cette touche appauvrit gravement cet album.

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Vous prenez la dame en concert en totale liberté d’interprétation sur les mêmes chansons et elle sera capable de vous transcender, surprendre pas comme avec cette compilation de Mamie’s blues qui laisse à penser que sa carrière est définitivement derrière elle, alors qu’on sent qu’elle avait encore beaucoup beaucoup de choses à offrir.

Triste réalité!

10/20.

2. Aretha en chiffres!

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L’album devrait faire un début avec entre 21 et 24.000 ventes aux U.S.A. Une déception qui s’aligne aux nombreuses autres.

A Rose Is Still a Rose  avait débuté  avec 40.000 pour finir avec 400.000 à ce jour malgré l’aide de Lauryn Hill.

So Damn Happy  avait débuté  avec 28k pour totaliser 305.000  ventes à ce jour.

Jewels in the Crown avait débuté  avec 20k  pour finir avec 165 ventes à ce jour.

This Christmas totalise 142.000 ventes.

A Woman Falling Out of Love avait débuté  avec 10.000 pour finir avec 51.000 acheteurs.

Elle n’a pas réussi comme Patti Labelle a enchaîné les disque d’or au cours de ses dernières années ou alors à se stabiliser en tant que force de l’industrie comme Barbra Streisand. Cependant, elle n’aura jamais de mal à vendre de places pour un concert, et c’est surement ça le plus important au final, elle a l’éternel.. respect.

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