Childish-Gambino

Après le succès surprise mais mérité de son album «  Because Of The Internet » sorti en fin d’année dernière, Childish Gambino est revenu ce mois ci avec un double projet à la hauteur des grandes ambitions de ce garçon qui n’a cessé d’évoluer et de se réinventer depuis la sortie de son premier album en Major en  2011.
Il faut dire que le jeune homme n’a pas eu la tache facile. Son premier défi à été de faire une cession avec lui même, à savoir se détacher de Donald Glover – l’acteur marrant , sympathique et rigolo de la série «  Community«  – pour rentrer dans le personnage de Childish Gambino, à savoir l‘artiste, le musicien introverti et sensible qui dispose d’une extraordinaire culture musicale et d’une plume d’une rare vivacité et créativité. Avec son opus  » Because Of The Internet« , il avait pris le parti de nous raconter une histoire comme un conte, à travers différentes sonorités. Avec ses 2 nouvelles ep/mixtape, le concept est différent. Tout d’abord avec » Kauai », il chante, il chante… beaucoup même. C’est la partie R&b du projet qui le rapproche d’un Frank Ocean . Jaden smith apparaît sur 2 chansons, et ce mix de Rythm and Blues saupoudré de pop et de légères influences old schoool parfaitement bobo colle pile-poil à la mode fait plaisir. C’est ancré dans l’air du temps comme un pantalon de la nouvelle collection de Chanel: la production est impeccable, tout est savamment huilé sans jamais tomber dans le lisse. Sober, Retro et Palisades avec son coté Justin Timberlake période ‘Justified sont à coup sur le trio gagnant de premier Ep qui tire néanmoins sa force de son entièreté. La cohésion est à coup sûr une des forces de ce garçon, et il le montre encore une fois ici.


STN/MTN.

STN_MTN_KAUAI_Childish_Gambino
Logiquement sur  » STN/MTN » – le projet rap – il remixe plusieurs titres en gardant son originalité qui n’est pas réellement son flow. De ce côté là, bien qu’on ne puisse nier les nombreux progrès qui sont les siens, il n’a pas encore totalement pris son envol. On sent qu’il y a encore cette influence de Lil Wayne, Drake, même beaucoup de Nas quelques fois. Ce n’est pas le rappeur brut d’Atlantla tel qu’on les connait – bien qu’il se plaise à revendiquer ses origines à  plusieurs reprises. Cependant, c’est encore une fois bien pensé et fluide. Il joue sur l’élégance, la légèreté et l’humour. Il n’y a pas de griffes mais ça ne manque pour autant pas de mordant comme sur les titres «  No Small Talk » avec la rappeuse Kari Faux,  ou l’explosif  » Move That Dope/Nectel Chirp/Let Your Hair Blow ». La 3ème partie de ce titre où il est accompagné de son pote Young Scooter est  totalement explosive, un petit hit banga à l’instar de  » Fuck Given ». Sa reprise du   » U don’t Have To Call »‘ d’Usher est un peu anecdotique, mais on apprécie à sa juste valeur le free-style sur  » A Y’all » de Timbaland et encore une fois, ça reste très soft , très romantisé: « This here’s for one and all,one day every one falls in love, oooh,so right now we should all ball out, oooh,Life’s too short for some time out, oooh ». Même dans sa manière de rependre le refrain de Tweet, il tient à rester le rappeur engagé mais pas prudent, robuste mais pas trop non plus. Un garçon comme tous les autres qui a des hauts et des bas et qui a  souvent besoin de raconter sa recherche de l’âme sœur.

Ça vous rappelle quelqu’un ? oui Drake. On retrouve souvent les mêmes codes chez les 2 hommes dans leur manies de raconter leurs histoires, mais aussi dans celles d’associer le chant au rap ou alors le R&B à la pop, ils ne veulent pas choisir, ils sont tout à la fois.  C’est finalement ça qui les rend intéressant, c’est ça qui donne à ce double projet de Donald Glover toute son ampleur et le positionne de manière très intéressante sur la scène mainstream actuelle. Il est à un seul succès single de réellement exploser aux yeux du monde entier . Espérons ne plus avoir à attendre très longtemps pour voir cette heure arriver!