2 ans après son opus reggae « Reincarnated », promu par son personnage Snoop Lion, Snoop Dogg fait son retour dans les bacs avec « Bush », un opus entièrement produit par Pharrell Williams, signé sur le label de ce dernier et soutenu par la présence accrue du légendaire Charlie Wilson.

L’album, lancé par le single « Peaches and Cream », voit le rappeur revenir vers un univers qu’il a toujours adoré, celui de la soul et du funk. De plus, aux cotés de Pharrell, avec qui il collabore depuis 2002, on n’est pas vraiment dépaysé même si la démarche reste très différente de ses anciens opus. En effet, Snoop Dogg, comme beaucoup d’autres rappeurs de son âge, fait face à un dilemme assez crucial: Comment continuer à rapper quand on a passé la quarantaine, qu’on a eu toutes sortes de récompenses possibles, qu’on est millionnaire.. et qu’on a finalement une vie bien éloignée des causes pour lesquelles on s’est battu et qu’on a représenté dans une grande partie de notre carrière?

Snoop a su s’imposer avec « DoggyStyle » en 1993 et c’est encore aujourd’hui l’un des rappeurs les plus vendeurs de tous les temps. Il a incarné le gangsta rap de L.A. et sa nonchalance, tantôt pimpante, bientôt revendicatrice, a franchi toutes les barrières, de sorte qu’il est sûrement le rappeur de sa génération le plus demandé en terme de featurings encore de nos jours. Le souci qui se pose -et il l’a bien compris- est qu’on ne peut pas raconter les mêmes histoires de la même manière à 20 ans et à 40 ans en restant crédible. C’est pour cela que, depuis quelques années, il essaie de s’ouvrir d’autres portes, propose un single dance (avec Guetta), un album de reggae et maintenant un opus soul/funk avec Pharrell. Ce n’est pas un domaine qui nous surprend de sa part car, encore une fois, il a des singles et des titres du genre depuis ses débuts mais le fait de totalement s’embarquer vers cette direction montre qu’il se cherche et veut progressivement rompre avec ce qu’il a fait avant. C’est une manière de toucher une nouvelle audience sans totalement dérouter la précédente comme ce fut le cas avec « Reincarnated« .

Bush se veut donc assez rassembleur et léger dans sa construction et dans l’esprit du disque. Pharrell est aux manettes, Snoop chantonne et fredonne, bien plus qu’il ne rappe, et le grand Charlie Wilson l’aide dans les chœurs pour donner un vrai appui soulful à l’ensemble. On a cet effet de très jolies réussites comme le volupté « California Roll« , où Stevie Wonder fait une apparition simple mais maitrisée à l’harmonica qui donne un côté intemporel au titre, le rythmé « Endibe« , aux cotés de T.I, ou encore « So Many Pros », le second single qui s’avère être dangereusement efficace au fil des écoutes. C’est un album très entier qui s’écoute très bien, mais qui pèche néanmoins à cause du manque d’originalité de Pharrell Williams au niveau des productions souvent répétitives et caduques (comme l’affreux duo avec Gwen Stefani) qui ne mettent pas toujours en valeur la classe du travail effectué par Snoop et Charlie. C’est d’ailleurs à cause de cela que cet album ne marquera pas forcément la discographie du rappeur, un joli opus estival mais pas un album qui s’inscrira dans le temps. Le projet est plaisant, très plaisant, mais pas forcément marquant sur le long terme. On apprécie cependant le fait qu’il choisisse de s’explorer, en espérant qu’il trouvera le son qui lui permettra d’être commercialement viable sans dérouter ses fans de la première heure.

14/20