Très attendu, Miguel propose cette semaine son 3ème album « Wildheart », précédé par le single « Coffee ». L’opus a été totalement rédigé par le chanteur qui s’est aidé de différents producteurs dont Dj Premier, Cashmere Cat, ou encore Benny Casette. Suite au succès d’Adorn et à l’ampleur que le titre a donné à sa carrière, on s’attendait à ce que le chanteur continue sur cette voie  R&B-Soul retro avec une pointe de modernité.

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Ce n’est pas ce qu’il a choisi de faire, il enfonce le clou et continue dans la vague qu’il avait déjà amorcée sur l’album « Kaleidoscope Dream ». Un son pop/rock/soul dans la lignée de ses idoles Lenny Kravitz (qui l’accompagne sur une chanson) et surtout Prince, qui reste la principale inspiration – aussi bien visuelle que musicale – de ce garçon. On le ressent dès la première chanson « A Beautiful Exit » avec ce phrasé chaud et susurré porté par une instrumentale psychédélique et une pointe d’emphase dans les refrains. Miguel veut installer ses fans dans un nouvel univers, une nouvelle ambiance et il y arrive… presque. En effet, l’album brille de par son unicité, mais aussi grâce à sa véritable uniformisation sonore. Il a été travaillé pour nous produire une ambiance vintage, un peu vaporeuse, mais toujours très léchée au niveau des productions. Tout est finement bossé et les différentes chansons sont très bien huilées les unes aux autres.. peut-être d’ailleurs justement trop.

Ainsi, on ne peut malgré tout s’empêcher de penser que le tout est resté très scolaire. Il n’a rien apporté de plus que Lenny ou encore Prince. D’ailleurs, les chansons s’enchainent souvent pour se confondre. Si l’ensemble est très agréable, on a définitivement du mal à y trouver des singles. « Coffee » s’érige comme la meilleure possibilité dans cette catégorie. On comprend le choix du titre en premier extrait, et dans une moindre mesure il pourrait exploiter « NWA » avec Kurupt, qui recycle une production des Neptunes du début des années 00’s. Miguel propose des chansons sympathiques comme « Waves« , la sensible « What’s Normal Anyway » ou encore l’enthousiasmante « Leaves ». « Hollywood Dreams » possède une excellente production mais aurait pu être meilleure si elle ne souffrait pas du second souci de l’album, à savoir les capacités vocales du chanteur. Ce n’est pas une bête vocale, il est toute somme correct de ce coté-là. Il n’a pas la dimension d’un Prince, d’un James Brown ou même celle d’un Usher. Résultat, son chant a tendance à être très répétitif et peu varié, ce qui confine certains titres et les empêche de briller comme ils auraient pu le faire. Son jeu de vibes et de mimétisme vocal ne pose aucun souci quand il pose sur des productions très R&B/Soul comme « Adorn » ou « Sure thing » (qui sont les 2 seuls vrais succès de sa carrière) mais très clairement, dans cette ambiance plus pop/rock,  on sent quelques fois que ça dénote; il manque l’étincelle. C’est malheureusement un peu mou. Il y a cette petite prétention dans son art qui n’est pas totalement aboutie et c’est surement ça qui va faire en sorte que l’opus ait du mal à trouver son public.

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Il a cartonné avec 2 titres qui sont purement Soul/R&B (Adorn,  SureThing) et les autres singles n’ont jamais explosé. Les fans de ces chansons ne se reconnaitront sûrement pas dans cet album… tandis que les autres, le public qui pourrait s’y intéresser ne le trouvera pas assez authentique. Ce n’est pas un mauvais album, mais c’est un album qui intervient sûrement trop tôt, aussi bien au niveau commercial et stratégique qu’au niveau de la maturité musicale. Il aurait dû attendre encore un peu avant de se lancer dans ce style et s’assurer d’avoir des titres suffisamment forts pour marquer toute une génération. Ici, même si c’est un projet plaisant pour faire son ménage ou son footing, ce n’est clairement pas l’opus de l’année. On aime assez, voire bien.. mais clairement pas passionnément.

14/20.