Alors qu’elle se cherche artistiquement depuis sa victoire à American Idol et que son ancien label RCA l’a mise à la porte, Jordin Sparks a eu la chance de tomber sur le génial Salaam Remi. Le producteur, qui a produit pour Nas, Amy Winehouse ou encore Mary J.Blige, a signé la chanteuse sur son label pour lui permettre de sortir son 3ème album « Right Here, Right Now ».

Un opus qui est sorti dans le quasi-anonymat. Moins de 6000 ventes à ce jour aux U.S.A,  malgré la présence de productions de DJ Mustard, Babyface, mais aussi de rappeurs comme 2 Chainz ou B.O.B. Il faut dire que les singles n’ont pas réussi à conquérir le public R&B à qui elle destine cet album estival, sensible, mais aussi très emprunté. Bien qu’elle soit une bonne chanteuse d’un point de vue technique, Sparks n’a pas de réelle personnalité artistique. C’est une bonne étudiante, elle fait très bien ce qu’on lui dit ou recopie très bien ce qui a été fait, mais n’a pas forcément les capacités d’aller au-delà. Ici, son mentor a choisi de superviser cet album qui s’éloigne de la pop plus teenage qu’elle faisait sur ses premiers opus.

Lancé par le festif et contagieux «  Work From Home« , « Right Here, Right Now » s’ouvre sur un ton qui annonce clairement une évolution sonore pour la chanteuse. Le titre qui mélange des sonorités R&B a un son plus trap voit Jordin s’inspirer vocalement de Mariah Carey. C’est d’ailleurs la principale influence vocale du projet, où on retrouve aussi beaucoup de Aaliyah. Elle s’accroche à ses ainées pour nous faire une mixture R&B-Pop qui manque totalement d’audace musicale, mais qui n’est pas désagréable pour autant. Boyz In The Hood aurait eu les capacités d’être un single dans un monde plus juste, They don’t Give de Babyface est  la quintessence de la ballade R&B teintée de pop doucereuse et bienveillante, surement l’une des plus abouties de sa carrière. On connait la formule, mais la simplicité déconcertante de ce genre d’arrangements porté par une jolie voix fait toujours mouche. 11/11 reste solide malgré le fait qu’on la connaisse depuis 3 ans, tout comme le vaporeux et sensuel 100 Years.

 

« Right Here, Right Now » ne révolutionne donc rien. N’importe quelle chanteuse de R&B aurait pu le proposer et c’est surement sa grande force (il s’écoute simplement, sans réel accroc), mais aussi sa plus grande faiblesse, à savoir qu’il n’est pas forcement marquant et donc peu dispensable.. Sans toute fois être mauvais pour autant. Au contraire, c’est suffisant pour être son meilleur album, preuve que savoir chanter c’est très bien, mais c’est loin de tout faire.

Triste Réalité!

12.5/20.