Meghan Trainor est une auteur-compositeur-interprète américaine devenue célèbre en 2014 avec sa chanson All About That Bass, qui a atteint la première place du Billboard Hot 100. On l’a découvert avec ce titre pop très sucré inspiré par l’époque du doo-wop, qui séduira des milliers de personnes sur terre et qui lui permettra de se faire une place au soleil, elle qui n’était que parolière.

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En effet, Meghan n’était qu’une parolière qui proposait des chansons aux maisons de disques jusqu’à ce que L.A. Reid la signe chez Sony et décide de lui donner sa place en tant qu’artiste principale. Avant ça, « All About That Bass » avait été proposé à Christina Aguilera, Beyonce et plusieurs autres qui sont toutes passées à coté de ce succès populaire. L’album est arrivé quelques mois après et il était dans la veine de ce titre. Beaucoup de chansons pop sucrées avec de claires influences doo-wop et même un peu soulful, comme sur le duo avec John Legend.

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On aimait ou on n’aimait pas, mais on lui reconnaissait désormais une sorte de patte et c’est ça qui a fait en sorte qu’elle trouve 2 millions de preneurs dans le monde dont 1 aux U.S.A. Elle avait quelque chose qui faisait en sorte qu’elle ramenait une sorte de « fraicheur » au son mainstream. L’album n’était même pas composé par des producteurs célèbres, mais par un ami à elle, Kevin Kadish, qui sera connu juste après leur collaboration. On était réellement dans un schéma qui se rapprochait de l’anti-pop star classique. Toutes les autres filles avaient des producteurs super connus attitrés pour leur faire des tubes sur mesure. Meghan a cartonné avec un parfait inconnu et une image de fille très normale, très accessible..

On aurait pu penser que le label continuerait dans ce filon, mais pas du tout.

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2ans après son 1er album, Meghan est revenue avec le single « No » aux influences très R&B qui tranchait dejà avec la direction musicale de son 1er essai. L’image aussi a changé pour aller vers quelque chose de plus sexy, comme toutes les autres.  Elle s’est progressivement détachée de l’ancienne elle pour commencer à faire des chorégraphies qui ne lui rendaient pas grâce et finalement rentrer dans un personnage qui n’était pas le sien 2 ans plus tôt. La femme fatale, sexy, aguicheuse qui chante sur tout ce qu’on lui donne. « Thank You« , le second album est en tous points l’opposé de son prédécesseur. C’est un album pop avec des influences pop-dance,hip hop, reggae, il picore partout. Un peu d’ urbain sur « No » et « Watch Me Go« , de la pop dance sur « Me too », une touche caribéenne sur « I Won’t Let You Down » et « Better« , qui sonne comme du Selena Gomez… l’opus est un manifeste du manque de personalité et s’oppose à cet effet au premier album. Elle s’est lancée dans le même créneau que Ariana Grande, Rihanna, Selena Gomez, Demi Lovato et, finalement, on retrouve un produit musical carrément oubliable et peu marquant, mais ce n’est pas tout. Son second single ressemble à une chanson de Britney Spears dans l’ère Femme Fatale, c’est dire la chute.

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Le but du label était de se dire qu’elle toucherait plus de monde en faisant cela. On a appelé les gros producteurs; on a mis à l’écart son producteur originel qui n’est plus présent sur une seule chanson et on a fait comme tous les autres. Les maisons de disques ont tendance à penser que c’est le seul schéma possible pour une popstar en 2016: il faut qu’elle soit insipide, travaille avec le maximum de producteurs, touche à tout et soit sexy. On a donc imposé ça à Meghan comme étant l’étape supérieure après son premier album mais les premiers chiffres sont catastrophiques.

Elle fera entre 70.000 et 80.000 réelles aux U.S.A contre plus de 238.000 ventes sur la même période aux U.S.A avec le 1er opus.

Une douche froide. La baffe est réelle, parce qu’ils pensaient qu’elle toucherait plus de monde mais elle en touche moins, aussi bien au niveau des singles que de l’opus. Les gens la perçoivent maintenant comme une énième Ariana, Selena, Demi Lovato, même s’ils aiment un single, ils sont moins entrain à acheter l’opus car elle a perdu sa singularité.

Il aurait été bien plus logique et rentable de continuer sur le créneau de son 1er essai en approfondissant ce schéma mais, encore une fois, on a affaire à des patrons de label qui ne veulent pas prendre de risques et n’ont qu’un seul schéma pour la popstar féminine en 2016. Si Adele n’était pas en indé, on lui aurait sûrement déjà fait changer de style en lui demandant de maigrir et de chanter avec Dr.Luke et Max Martin, en expliquant qu’elle défend les droits des femmes.

C’est en réalité sexiste à l’extrême et c’est une reproduction des mêmes choses, des mêmes sons et des mêmes personnes comme dans des usines de fabrication chinoises. Elles sont toutes des espèces de poupées qui disent prôner le féminisme parce que des hommes disent que ce serait bien de le faire, qui se mettent en culottes et montrent leurs seins parce qu’on leur fait croire que c’est un signe de rébellion, et qui finalement sont esclaves de tout (du système, de l’argent), et oublient leur première passion, à savoir la musique.

Maintenant, tout n’est pas à jetter dans l’album de Meghan, on a quelques chansons pop correctes comme  » Woman Up »  ou « Dance Like Yo Daddy », mais l’ensemble reste insipide, porté par une démarche artistique bien pauvre. Elle devrait vite se reprendre et se réaffirmer, si elle ne veut finir broyée et déçue par le système.

Triste Réalité!