Maxwell fait partie de ces hommes qui aiment prendre leur temps, mais il est aussi de ceux qui ne changent absolument pas. Pourquoi le ferait-il d’ailleurs? A-t-on réellement besoin d’altérer une recette qui fonctionne aussi bien?

7 ans après BLACKSummerNights, l’artiste nous livre le très attendu second volet de ce disque qu’il compose aux côtés de Musze, Hod David et Stuart Matthewman. Là encore, des fidèles de l’homme qui fête cette année ses 20 ans de carrière. 20 années pendant lesquelles, il a refusé de se soumettre aux diktats de l’industrie, pour garder sa simplicité, son authenticité, qu’on retrouve dès le premier single « Lake By the Ocean ». Ballade soul grandiloquente et moderne, magistralement interprétée avec une influence Quiet storm qui lui donne une dimension totalement intemporelle. En effet, si Maxwell aime prendre son temps, il aime aussi se jouer des différentes époques musicales et après un premier volet qui était plutôt sobre, mesuré, grave, il fête ici l’amour.

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BlackSUMMERnights évoque la confiance retrouvée, et les multiples divagations du sentiment du premier au dernier jour. Il trouve cette fois l’inspiration dans la soul de la fin des années 70’s. L’aura de Marvin Gaye et de Prince notamment planent dans ce disque qui ne manque pour autant pas de personnalité. La finesse du falsetto de l’artiste ne nous laisse pas indifférent, et dès le premier titre « All Ways Lead To Love« , on est pris dans un groove saccadé et sensuel, presque fusionnel qui parcourt le disque comme le fait l’eau dans un ruisseau. Il y a cette vibe chill et décontractée qui fait écho à ses premiers travaux, mais ce n’est pas tout.

Chaque titre est sculpté avec un soin particulier, que ce soit l’aérien 1990x, le flamboyant « Of All Kind » ou encore « Fingers Crossed« , plus classique et accessible à la première écoute, mais sûrement l’une des chansons les plus réussies et profondes de son répertoire. Le titre est sans doute l’une des meilleurs opportunités de single de cet album qui pêche peut-être un peu de ce coté-là. En effet, dans cette conception assidue du disque mystérieux et élégant, il y a ce manque de titres évidents pour un plus grand public dans l’album. C’est souvent le cas avec les albums qu’on met du temps à mûrir et où chacun des détails est policé… comme un cadeau des dieux… telle cette chanson »Gods » qui nous ballade entre volupté et romantisme à la manière d’une diatribe de Rimbaud.

Il nous fait valser, nous émeut, tout en gardant cette retenue qui nous fait rêver encore, espérer toujours. S’il n’a pas la ferveur d’un Urban Hang Suite, et ne partage pas l’intensité du premier volet, il y a une dignité, une assurance et un idéal musical, serein, voire pérenne qui nous assure, nous accompagne comme une lueur dans la pénombre. Ce n’est pas un opus avant-gardiste, mais c’est un album qui solidifie les bases, revient aux bases des 70’s avant le 3e volet qui ne devrait plus tarder aujourd’hui.

16/20.

Et le choix du nouveau single.

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