Et si c’était vraiment son dernier album, que retiendra t-on de Tamar Braxton? Avec cet album  » The Bluebird Of Happiness« , Tamar a décidé de centrer sa promotion sur les adieux. Le dernier opus, le disque de la fin. Un angle rincé vu qu’on sait qu’elle ne s’arrêtera surement pas là, et ce malgré le fait que Sony se soit séparée d’elle et qu’elle soit désormais un artiste indé. Elle a mis trop de temps à revenir sur le devant de la scène urbaine pour lâcher si vite. d’ailleurs, on n’a pas envie de la voir lâcher si vite.

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« The BlueBird Of Happiness » qui est son 4e album, mais le 3e album studio ( hors disque de noel) dans cette décennie, est un bien beau manifeste du pourquoi on aime Tamar et d’ailleurs dans cette époque assez trouble du R&B. On pourrait ressortir la phrase qu’elle avait sorti exploité pour expliqué que Rihanna n’avait rien à faire dans la catégorie R&B des grammys.  T.B disait «  cle R&B, ce n’est pas Rhymn and Blues, c’est barbecue and Ribs ». Une formule choc, mais véridique et qui prend encore une fois tout son sens à l’écoute de ce disque. Tamar n’est pas là pour révolutionner quoique ce soit, Troy Taylor, Damon Thomas et Rodney Jerkins sont les principaux gros producteurs qu’elle invite sur ce disque où on est toujours et encore dans le maintien des acquis. Elle n’a pas été une des tête d’affiche du R&B des années 00’s, n’a pas non plus pu le porter dans les 90’s, contrairement à sa grande soeur, mais c’est un genre qu’elle chérit profondément. On le voit dès le premier single, le touchant « My Man » avec ses références très 70’s et les clins d’oeil bien précis à R.Kelly sur la fin, mais ce n’est pas le seul.

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Dès la chanson d’entrée « My Forever », on retrouve une vibe 90’s, avec une touche très New-jack dans les arrangements vocaux, qui l’envoie sur un créneau bien plus mature et crémeux que les chanson de « Love and War » qui était plus formatées dans leur genre. Dans « The Bluebird« , elle n’abandonne pas son côté fun ( Wanna Love You Boy, Hold up), mais les titres se confondent mieux les uns aux autres. Il n’y a pas de brutalité ou de rupture dans le son. Et en plus, il y a cette volonté de gravité dans l’énonciation, dans la mise en oeuvre de ballades comme le puissant » Heart In My Hands » où elle se met dans la peau d’une femme qui découvrirait avec fracas les infidélités de son homme, ou encore « Blind » où paradoxalement, elle rallume la flamme avec une excentricité vocale qui ne se dément pas. Ce n’est en réalité pas un album de son époque. C’est un projet qui sonne une sorte de déclaration d’amour à un genre qui est bien moins mis en avant…

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Tamar n’a pas eu la carrière qu’elle voulait avoir dans les 90’s et ici, livre un opus nostalgique de cette période, avec beaucoup de parcimonie et une certaine émotion. L’exercice qui n’a donc pas pour objectif de réellement apporter quelque chose de nouveau. C’est plutôt à prendre comme un projet spleenétique un peu brut. Une lettre d’amour à une musique qu’elle aime, sans toutefois en être un des principaux étendards. « The Bluebird » a pour lui d’être moins carré que «  Love and War » et  plus succinct et mesuré que « Calling All Lovers ». C’est peut-être ça qu’il est le projet le plus abouti de cette décennie pour elle. Pas vraiment de singles, pas de gros singles, mais de course au jeunisme mais une pluie de titres  ( The Makings Of You,  » How I Feel ») qui semblent venir d’un autre temps.. et qui de fait traversent la ceinture de leur simple époque, ou ne l' »atteignent » pas. Ce sera au choix de l’auditeur et c’est parfaitement assumé.

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15/20.