Les choses vont très vite avec Cardi B. Elle a un des albums les plus vendus de l’année avec son premier projet  » Invasion Of Privacy« . Elle est la première rappeuse à avoir 3 numéros 1 et sera peut-être au Superbowl, en Février avec Maroon 5.

Il se peut même qu’elle reçoive quelques grammys et est déjà la rappeuse qui a gagné le plus de BET HIP HOP Awards. C’est à dire cette femme vit définitivement un conte de fées XXL et comme on est dans une ère où tout va très très vite, son équipe sait que ça risque de  lâcher, ou du moins que ça peut lâcher très vite, tout étant quand même bâti sur le personnage de cette jeune dame, ghetto, qui s’assume et n’a peur de rien ou de « personne ».

C’est pour cela qu’ils enchainent. 6 mois après la sortie du premier disque, on nous propose « Money« , un nouveau titre qui est en fait un best-of de ce qu’elle a proposé récemment. Un mélange un peu entre  » Bodak Yellow » et « Bartier Cardi » dans une nouvelle chanson. Elle rabâche ses thèmes favoris, le fait de venir de loin, de ne rien lâcher, d’être prête à se battre à tout moment et de n’être intéressée que par l’argent, l’argent et encore l’argent, en bonne ex-stripteaseuse.  Son problème de versatilité reste le même, car son flow est monotone et identique à chaque apparition… mais.

il ne faut pas la prendre pour une folle pour autant. La chanson compile des codes trap urbains ghetto facile avec un refrain « Money », qui tourne en boucle. Le béat ( principale réussite qui rappelle un peu « Beez In The Trap ») est ciselé pour les clubs et surtout, elle fait passer un message, à savoir qu’elle retourne sur son socle urbain. Elle disait lors du carton du single avec Maroon  5 « Girls Like You », que son équipe n’était pas d’accord pour qu’elle collabore avec eux, parce qu’ils avaient peur que ça la fragilise sur le ghetto. C’est ce qu’ils veulent combler ainsi. Ils la redirigent sur les gens qui l’ont fait et d’ailleurs, elle dit à un moment « I heard that Cardi went pop Yeah, I did go pop (Pop) That’s me bustin’ they bubble », comme pour rentrer le fait d’avoir du faire quelques titres plus pop dans sa mentalité d’affamée des billets.

Autre détail , Dj Snake signalait qu’Atlantic (son label) ne voulait pas beaucoup faire la promo de son single avec lui et Selena Gomez,  » Taki Taki ».

Ce qui semble se comprendre, l’exemple de Nicki qui s’éparpille trop et finalement perd  un peu sa base semble avoir servi. L’équipe de Cardi veut qu’elle ait une hégémonie totale sur le public urbain, et c’est audacieux de leur part, car ils l’envoient seule, sans featuring.

« Money » n’est clairement pas « Bodak Yellow » au niveau de l’efficacité, mais il est suffisant bien produit pour être le tube urbain qu’ils espèrent qu’il sera.

Au niveau de la stratégie, ils ont tout bon, mais il faudra quand même poser qu’elle se pose assez rapidement le problème de la vision artistique, car de ce côté, ça tourne franchement en rond.

Triste Réalité!