Chère Jennifer Lopez,

J’imagine que ces trois dernières années n’ont pas dû être faciles. Tout ce temps passé loin des projecteurs à attendre que le téléphone sonne pour un mini contrat de pub, cette absence chronique des classements de disques et ces apparitions fantômes en couverture de magazines qui ont dû contribuer à une non reconnaissance de ta personne dans les rues : je sais à peu près de quoi il s’agit. Je ressens quasiment la même chose au jour le jour, mais ce n’est pas pour autant que je me surprends à appeler Red One et une pléiade de bras cassés pour me concocter une compilation qui aurait révolutionné la musique à l’époque du premier mandat de Reagan.

Oui oui, tu vas me dire que tu te devais de laver l’affront subi, de remontrer au monde que tu pouvais, que tu étais belle et surtout tu  pourras m’opposer que quand tu as fait de la qualité ( Como Ama Una Mujer) : il n’y en a pas beaucoup qui en ont voulu … alors merde quoi ? A 42ans, tu voulais marcher et tu as sorti un opus qui paraitrait décadent et bruyant au personnage le plus cliché d’American Pie et tu assumes.

Du moins, c’est ce que tu tiens à nous faire croire. La chose  plutôt surprenante à l’écoute de « Love ? » est qu’il m’a procuré la même sensation que mon tri hebdomadaire d’ordures qui me donne souvent l’occasion de retrouver 1 ou 2 babioles dont je ne tenais forcement à me défaire. On a d’une part la latina revancharde dont la voix est atrophiée sur un tas de boom boom étayés de paroles d’une bêtise profonde ( Papi, Invanding My Mind, On The Floor,Vilain,) puis on a l’une des plus belles femmes au monde , mère de 2 enfants et lover girl un peu niaise (que tu es en réalité) avec les titres Until It Beats No More et Startin Over . Les 2 univers sont tellement en tout point éloignés l’un de l’autre qu’il m’est certain qu’une écoute d’un Papi doit provoquer chez toi la même crise d’urticaire qu’à tout amateur de bonne musique.

Ce doit être pour cette raison là que tu te refuses à faire les lives des titres et que tu confies leurs défenses aux radios que tu ne dois surement jamais écouter. En réalité, ta seule implication se résume à apparaitre et à tourner des videos où tu fais étal de la seule chose qui en douze années de carrière ne t’a jamais lâché : ta plastique.

http://www.dailymotion.com/video/xiipmj

A l’heure où les femmes de ton âge se confondent entre milles opérations chirurgicales et régimes pour se maintenir, tu peux te targuer de sans artifice aucun rayonner allant jusqu’à faire pâlir toutes les petites jeunettes qui ont pourtant la moitié de ton âge.

Je ne crois pas me tromper en disant là que c’est la base de ton projet, sorte de défilé de mode sous fond de lambada et aux relents de crise de la quarantaine.

Partant de là,il vaudrait mieux prendre Love ? pour juste ce qu’il est : à savoir une anecdote commise  pour mettre en exergue  la clémence des dieux à ton égard et  rassurer ton traite égo. Tu as choisi d’être l’emballage  plutôt glorieux d’un pot de fleurs totalement fanées et bizarrement même si je n’ai pas l’envie de t’en vouloir (par respect pour cet emballage), toute cette odeur de défraichi ne me donne pas non plus l’envie de te faire la bise.

Triste Réalité !

7/20.

Clip [i’m Into You] Sublime et Parfaite illustration de l’article by the way.