S’il y a bien quelque chose de périlleux dans l’industrie du disque, et même quelque fois même  dans celle du cinéma: c’est la reproduction de classiques . Le public n’aime généralement pas qu’on se serve de ses anciens succès (ou marques de fabriques )pour donner un nouveau souffle à sa carrière.  De fait, quand on décide de se lancer dans une entreprise du genre, il faut être très sur de soi, savoir qu’on va réellement apporter quelque chose de nouveau à son ancien projet et non penser que cet ancien projet servira de trépied au nouveau.

Mary J.Blige a oublié cette règle, du moins elle était tellement désespérée après le semi échec et les très mauvaises critiques de «  Stronger With Each Tear » qu’elle s’est dit que le mieux pour elle était de faire croire à tout le monde qu’elle revenait à l’époque de My Life, son classique de 93. Le même titre d’album, la même intro avec Diddy, et l’espèce de «  The Journey Continues » qui donne l’impression qu’on est irrémédiablement dans la suite du fameux album. Pleins de petits codes qui inspiraient une sorte de repenti dans la communication pour finalement s’embrouiller avec une couverture copiée de son opus «  The Breaktrough »en 2005 et un son qui ne diffère en vérité de ce dans quoi elle patauge depuis cette période.

Qu’on se comprenne bien, My Life II…. The Journey Continues n’est pas un album raté. Danja,Rico Love, Jerry Wonda et Eric Hudson offrent des titres relativement agréables à la chanteuse.
Là où le bas blesse , c’est que  tout ça manque cruellement d’âme.
No Condition, Feel Inside, Midnight Drive, Don‘t Mind,….On a du léger, de l‘agréable , du street, il y a même une touche 90’s qui  peut donner envie de faire des folies dans les clubs comme sur « Next Level » ( pour ne pas changer Busta Rhymes est éblouissant ) qui aurait très bien pu lancer le projet.

Cependant dans l’ensemble  n‘a pas la même l’élégance et tout reste assez surfait et trop calibré. Le duo avec  Beyonce ( Love  A Woman) ennuie plus qu’il ne séduit, la reprise de Chaka Khan ( Ain’t  Nobody) est à inscrire parmi les crimes contre la bonne musique et  on a des sons pop très aseptisés ( Need Someone) qui donne à croire qu’elle ne sait plus faire ressentir de l’émotion, la vraie et qu’elle est obligée de sur jouer chaque fois qu’elle veut entrer en connexion avec son auditeur.

25/8 très critiqué à sa sortie ressort  finalement comme étant le titre le mieux ficelé et le plus à même à affronter le temps du fait de son instrumentalisation live. Un comble quand on prétend vouloir donner suite au projet le plus emblématique de 20années de carrière.
Il aura d’ailleurs été plus malin de sa part de ne pas se servir de cet album pour rebondir. L’accueil dans les charts aurait  peut être été moins glacial que celui qu’elle a en ce moment. L’utilisation de »  My Life » (qui est très bien là où il est ) ne lui a jamais réussi, en 2003 déjà avec »  Love & Life », elle avait axée sur la même thématique et on s’est retrouvée avec l’un de ses plus mauvais opus à ce jour. Dans tous les cas, à défaut d’etre un grand album sur sa vie, c’est une leçon de vie. Elle devrait purement et simplement annuler ou changer de nom à l’acte II.

Triste Réalité!

12.5/20.

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