Annoncé comme un album revanchard, l’espèce de coup de poing qui remettrait en place tous ceux qui trouvaient son mélange de pop/rap sur Pink Friday assez faux et risible  ( nous en faisions partie). Roman Reloaded devait mettre en exergue la personnalité rap de Nicky, la fille déchaînée qui avait su séduire via ses mixtapes au tout début de sa carrière. Malheureusement, la pression du flop( les singles rap n’ayant pas séduits) et le désir de notoriété internationale l’ont poussé à devenir un mélange assez peu digeste de plus ou moins tout ce que le mainstream actuel réserve de pire.

Explications.

Le second opus de la «  rappeuse » de Young Money se compose de 3 parties principales . Une première flopée de 9 titres « urbains », une deuxième de chansons dance et une 3eme de mid tempos pop où elle s’essaye au chant flirtant faussement avec le r’n’b.

Nous allons commencer par décortiquer cette première partie vu que c’est quelque part le cœur du projet. C’est plus ou moins dans ce registre là que l’opus semblait avoir été conçu. A la production Hit Boy,Oak, Rico Beats et surtout de nombreuses collaborations. De Lil Wayne à Bobby Valentino en passant par Cam’ron, Nas ou encore Chris Brown. Un bon sillon de la crème de la musique urbaine a répondu présent à l’appel de la fille du Queens, et souvent pour le meilleur :

Sex In The Lounge, Champion ( véritable grower, même si on en doute pas qu’il y avait possibilités de faire mieux avec la brochette d’artistes présents) et I’m Your Leader sont les inconstatables têtes d’affiche de ce panel. La première portée par Valentino surprend par son efficacité et se révèle être un tube urbain peuplé de gimmicks drôlement efficaces. I’m Your Leader nous donne une production magistrale de Hit Boy que Cam’ron et Rick Ross se font un plaisir de démonter, Minaj se faisant toute petite tout comme elle n’arrive pas à supporter la pression face au trio Drake/Nas/Young Jeezy sur le sympathique » Champion ».

Et c’est bien là que globalement le bas blesse. A chaque collaboration quasiment le rap de la fille de Young Money est mou et se fait effacer par les personnes appelées pour la soutenir. Un comble. On attendait une guerrière, on se retrouve avec quelqu’un qui joue à tâtons, ne sachant pas toujours comment se placer et usant souvent des mêmes procédés, mêmes phrases pour ses différents( et très courts) couplets. Du coup Roman Holiday de par sa non-structure est véritablement le seul titre organique et engagé de cette partie de l’opus qui pâtit sans aucun doute de la rapidité avec laquelle il a été conçu. Elle aurait pris plus de temps, qu’on aurait eu des couplets plus travaillés, mieux aboutis et un flow percutant le long de ce projet. Hors là, on est un peu laissé sur notre faim même si on reconnait aisement que ces 9 premières chansons ( malgré des fillers comme Beez In The Trap l’insipide Right Here avec Chris Brown) sont de loin plus agréables que la bonne moitié de Pink Friday.

Il y a une certaine volonté qui aurait du être approfondie, Eve par exemple aurait pu donner une dimension autrement plus grande a de tels titres.

Malheureusement comme précisé plus haut, pressée par la montre  et l’envie de conserver le public pop qui lui avait nottament ouvert les bras avec » Superbass » , Minaj a fait équipe avec Red one pour lui assurer une visibilité continuelle chez les fans de Rihanna, Katy Perry et autres Selena Gomez. On a ainsi droit dans cette deuxième partie a environs 20 minutes de bruits identiques étayés de bégaiements qui laisse penser qu’elle sera la reine des chars de Gay pride de cet été. Des tubes clinex par excellence, certainement tous enregistrés dans la même soirée au vu de l’extrême similitude des instrumentaux et cette manie agaçante chez elle de redire les mêmes choses. C’est le grand moment de honte de cet album qui n’est même pas vraiment relevé par la suite où elle nous délivre un ensemble de mièvreries hyper sucrées, répétitives,génériques, diabétiques, la beaufitude sonore par excellence surtout « chantée »avec quelqu’un qui les capacités vocales fantômes qui sont les siennes. On a envie de sauver «  Gun Shot » mais simplement grâce à l’énorme second couplet de Beenie Man qui n’a rien perdu de sa hargne. Globalement, Roman Reloaded souffre au delà de sa tentation de mainstream de l’absence ( du vide ?) laissée par l’artiste elle même, trop occupée à chercher le succès, avec qui l’avoir, qu’à livrer parallèlement un flow dejanté et des textes de qualité.

Elle s’est laissée prendre au piège du succès facile et n’est plus qu’une parodie de ce qu’elle a pu être à ses débuts ( mixtapes) . Le plaisir du hip hop est en effet désormais loin derrière Onika Tanya, qui est tombée dans l’océan périlleux des chanteuses pour clubs auto-tunées  à l’extrême et éjectables d’un jour ou d’un producteur à l’autre. Un cafardeux destin mais comme le montre ses scores en première semaine américaine ( Cash Money attendait 500,000 et quelques, pas 230.0000), ce ne sont pas vraiment les fans de hip hop qui la plaindront.

Au contraire, Bon vent chère Nicki et surtout n’oublies pas ton vaisseau spatial.

Triste Réalité !

8/20