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Et Si Jennifer Lopez méritait son Icon Music Award?!

L’histoire fait plus ou moins grand bruit et une bonne partie de la toile s est insurgée contre le fait que Jennifer Lopez ait reçu le «  Icon Award » de Billboard  le 19 Mai prochain, un prix qui honore tout ce qu’elle a pu apporter à la musique mainstream. Dans le communiqué officiel, il était même écrit:

« Les 3 artistes l’ayant recu avant elle sont Prince, Stevie Wonder, et Neil Diamond . »C’est donc la première femme a avoir reçu cette récompense et ça fait clairement grincer des dents… mais pas chez Musifeelings.

Tout d’abord il faut tout remettre en contexte: nous sommes dans une industrie du disque qui pense et a récompensé Beyonce, Rihanna avec des prix similaires très récemment. Rihanna est devenue une Icon aux AMA et Millenium artist. L’industrie du disque actuelle valorise énormément ce qui se passe sur l’instant présent, sur le moment. Il faut qu’on parte de cet axiome là et qu’on comprenne aussi que Neil Diamond, Stevie Wonder et Prince ont été récompensés dans une industrie où la musique était d’abord valorisée. On mettait en avant le talent et l’apport créatif dans la musicalité avant tout. Hors aujourd’hui, l’industrie ne valorise plus du tout les mêmes choses.

1. La victoire de l’image made in J.LO !

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Jennifer Lopez mérite son prix parce que c’est par elle que tout est arrivé. Si on récompense Beyoncé et Rihanna, on doit à ce moment là la traiter d’icône, parce que c’est elle qui a cassé la branche. C’est l’une des premières vraies « chanteuses » pop-urbaine d’IMAGE. C’est l’une des premières filles à être arrivée dans l’industrie du disque et a avoir réussi à cartonner en ayant une image bien plus forte, bien plus féroce, et bien plus consistante que la musique qu’elle proposait. C’est elle qui a ouvert les portes aux autres et qui a entamé un travail très complexe que Rihanna s’est contentée de suivre.

En effet, la tache n’a pas été facile pour J.LO car dans les 90’s tout est basé sur la voix, le R&B, le savoir chanter. Les chanteuses de R&B traditionnelles de l’époque ont – et ça reste d’ailleurs pour beaucoup le souci – du mal à jouer avec l’image parce que tout est centré et ciblé sur la musique. J.LO est arrivée, ne savait pas chanter, dansait passablement. Elle n’avait que son marketing derrière elle et c’est comme ça qu’elle a cartonné. Et c’est comme ça que vont suivre Beyoncé et Rihanna.

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Quand on écoute  « I’m Real » de J.LO et Ja Rule, on sait d’où vient l’idée originale. On sait que Lopez pique chez le  » If We » de  M.C. Le public a préféré J.LO et ce sera un des plus grands coups de sa carrière car c’est à ce moment qu’on voit bien que le Marketing dépasse complètement le véritable talent, ce qui pouvait sembler encore inédit à cette période.

Bien sur, Beyoncé est un cas particulier. Le cas de Bee est plus délicat car venant des 90’s, elle a un bagage musical et un talent derrière: mais personne ne niera que l’impact réel de la musique de Beyoncé est de loin inférieur à son nom. Beyoncé n’a pas d’opus comme « My Life » de Mary J.Blige, ou « The Velvet Rope » de Janet Jackson et pourtant son impact est limite encore plus fort que ces 2 artistes médiatiquement parlant. Pourquoi ? Parce qu’elle a travaillé cette image du marketing ancré par Lopez sur la scène.

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L’image de Lopez est intacte. Elle correspond encore et toujours très bien à l’industrie actuelle, c’est d’ailleurs la seule quadragènaire à le faire malgré le fait qu’elle ne vende plus vraiment d’albums. Elle a l’argument du futur, le streaming pour elle.

Ses clips sont hyper regardés, et même quand elle floppe elle a toujours beaucoup beaucoup de vues, plus encore que les chansons d’artistes ayant du succès.

Elle a le deuxième clip le plus vu de tous les temps derrière « Baby »  de Justin. (« On The Floor« ). On ne s’en rend pas compte, mais c’est une prestation extraordinaire pour quelqu’un qui a son âge et ses années de carrière. En 2011, 2012 , elle a été en tête du classement des chanteurs Forbes et il est important de noter que son image et son capital sympathie restent énormes. C’est pour ça que c’est la seule chanteuse de plus de 40ans – et on sait combien cet âge est fatidique dans l’industrie du disque américain- qui a engrangé le plus de ventes digitales singles depuis la décennie 2010. C’est la seule à avoir eu un top 3 dans ce même laps de temps. Elle n’a pas disparu, et quand on fait le total de ses ventes digitales en singles –et là c’est le plus important car nous parlons de Billboard– elle n’a pas à rougir face aux autres dames de son âge dans cette nouvelle décennie. Elle a des ventes tout à fait honorables.

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Pour toutes ces raisons, J.LO est effectivement la femme qui méritait d’avoir un Icon Award en 2014. Ce n’est pas une musicienne, ça c’est sûr. Mais son marketing et sa façon de gérer son image ont influencé la plupart des chanteuses mainstream actuelles, et c’est devenu le plus important. Rien ne compte plus que le visuel en 2014 dans l’industrie du disque, c’est donc effectivement logique qu’on lui attribue une telle récompense. Ce qu’il faut comprendre est que chaque industrie, chaque domaine à ses codes.  Il y a 20 ans, J.LO aurait paru ridicule. Mais aujourd’hui, J.LO fait partie des gens qui ont porté et se sont imposés grâce à l’essence même de l’industrie actuelle. Vous ne pouvez pas donner un Icon Award à Prince en 2014 de manière très honnête car la musique qui est dans les charts est tout sauf inspirée de lui tellement c’est généralement médiocre. Mais quand vous regardez beaucoup de ces pop stars féminines, même sans la voir, vous voyez l’impact de J.LO et de ses multiples transformations.

2. Qu’en est-il de  » A.K.A »?

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« A.K.A« , son dernier album -qui subit en ce moment un vrai revers dans les charts- est la parfaite illustration des points abordés plus haut.  L’acronyme de l’opus signifiant «  Also Know As » nous laisse rentrer dans un  projet dénué de toute personnalité artistique. C’est un énième best-of adapté  au son du moment. Elle est tout, vogue dans tout sans jamais réellement exister. Un peu de pop, un peu de dance, un peu de R&b et c’est emballé. Tout cela bien sûr avec des sonorités très urbaines très hip-hop car ça reste ce que le grand public américain apprécie en ce moment. Ils auraient apprécié le zoulou ou le battement de tambours qu’elle se serait dirigée vers ça.  J.LO, Lola, la Bomba Latina, Jennifer Lopez , ces multiples surnoms sont censés masquer sa course acharnée derrière la musique mainstream. Bien sur, tout n’est pas mauvais, on a quelques moments sympas avec des chansons comme « Expertease »« Same Girl« ,  « Acting Like That« , le péché mignon »  I Luh Ya Papi« , et l’escapade old-school avec Nas sur «  Troubleaux« , mais l’ensemble reste assez peu consistant même si on note qu’elle a rarement été autant impliquée vocalement que dans cet opus. 9/20.

Cependant, ce n’est pas ce que les gens attendent d’elle. Le fait d’avoir touché à trop de domaines sans exceller (mais en ayant néanmoins des succès) dans aucun d’entre eux a fait en sorte qu’elle n’est plus réellement considérée comme une chanteuse ou une actrice: son image a dépassé tout ça depuis 2004. C’est juste une personnalité que tout le monde connait, que tout le monde ou presque apprécie pour sa personnalité, son humour, sa plastique, sa gestion de son image et non pas parce qu’elle sait chanter ou a univers particulier. Ses simples interviews font souvent des records d’audience aux U.S.A, mais ce n’est pas la chanteuse qui attire: c’est la personne. C’est d’une certaine manière son talon d’Achille: elle a tellement bien vendu sa marque qu’elle est devenue plus ça, plus que toute autre chose. C’est aussi ce qui explique ses mauvaises ventes d’albums malgré les énormes moyens mis derrière elle à chaque fois. Elle a atteint une situation de forte médiatisation sans avoir un réel public ni une cible particulière. Résultat, les gens la regardent mais n’éprouvent pas le besoin de la soutenir. Ils se disent que vu qu’ils la voient autant, il y a forcément des gens qui achètent. C’est facilement vérifiable: si vous descendez dans la rue et demandez à des américains s’ils ont le nouvel album de J.LO, la plupart vous diront sans aucun doute non, mais la plupart seront aussi persuadés qu’elle fait des scores potables parce que dans leur tête, c’est J.LO.

En revanche, sa force -la seule chose qui l’impose encore réellement dans l’industrie du disque actuelle- est que c’est la seule chanteuse de son âge qui s’est améliorée avec le temps en tant que performeuse. Elle n’a jamais été autant fabuleuse sur scène qu’aujourd’hui. Elle chante en live, danse, communique avec le public, c’est un délice de la voir et c’est une des choses qui fait qu’on finit même par lui pardonner  tous ses « pots pourris » musicaux. Exemple avec quelques moments sur sa tournée  » Dance Again tour » qui font regretter le fait qu’hormis dans ses projets hispaniques, elle préfère errer dans le mainstream que de se penser artistiquement parlant.

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Triste Réalité!