Un an tout juste après « Testimony »,  un premier album plutôt réussi et prometteur, August Alsina est de retour avec « This Thing Called Life« . Un second projet qui prend ses marques exactement à l’endroit où il nous avait laissés sur le premier. Un mélange de sonorités hip-hop avec un chant purement R&B et des textes qui évoquent la vie de tous les jours, le réel. Le jeune homme de 23 ans garde cet avantage sur la concurence. Il privilégie des textes .. à des chansons sur la futilité ou le sexe. Il faut dire qu’il n’oublie pas d’où il vient. Les thèmes restent les mêmes : la mort de son frère, l’envie de porter sa famille, sa mère, le départ prématuré de son père. On est constamment entretenus dans cette idée que l’argent ne l’a pas changé et n’a pas forcement effacé les nombreuses cicatrices qu’il a eues avant d’arriver à la célébrité. Comme la première fois, on peut trouver ça un peu bateau, un peu déjà vu, mais ça ne manque pas pour autant de sincérité. Il semble clairement savoir ce qu’il veut, aussi bien au niveau des messages qu’il entend transmettre que de la direction musicale qui est globalement plus soulful hip hop et R&B-Hip/Hop que trap et générique comme bon nombre de ses confrères. D’ailleurs, à cet effet, l’un d’eux, Chris Brown, l’accompagne sur une des chansons « Been around the World« ;  il n’est pas le seul vu que Lil Wayne, Jadakiss et surtout l’une de ses grandes idoles, Anhony Hamilton, répondent présents sur l’album qui comporte 15 chansons. On retrouve B.AM, Pollow da don, Boi-Ada mais surtout son producteur à lui, Knucklehead, à qui il doit son premier succès « I luv this shit » et qui produit la majeure partie des chansons de l’album, ce qui lui permet d’avoir une unité et cohérence sonore.

« Song Cry« , le dernier single promu nous ramène à l’ambiance de ses précédents titres, sans être tout à fait identique. La vibe soulful et les influences sont contrôlées et permettent à l’ensemble de bénéficier d’une réelle vision. « Hip Hop« , où il rend hommage à ses idoles et à sa vision du genre, « Dreamer », où il évoque les rêves qu’on se permet quand on grandit dans le ghetto,  » First Time« , où il rentre dans l’intimité d’une jeune face aux premiers émois.. August veut réellement trancher et suivre une autre ligne comparé aux autres garçons de son âge et ça passe très bien. On est même pas choqué d’entendre Anthony Hamilton chanter sur les refrains de « Job » et si certains ont des doutes quant à sa capacité de se projeter sur l’avenir ‘American Dream » aura tôt fait de les convaincre.  » This Thing Called Life » est donc un album réussi pour August,  l’opus de la confirmation qui ne le portera surement pas tout de suite dans les charts ( parce que trop personnel, souvent trop profond) mais il peut être fier de porter et de respecter la ligne musicale qu’il s’est fixée.

15/20.