L’an dernier,  il était prêt à tout abandonner et à s’en aller, quitter le monde du R&B, déçu par l’injustice du système, dégouté par le manque de soutien des fans, mais Tank nous est finalement revenu. Apaisé, serein, il nous proposer « Sex, Love and Pain II« , le second volet de son album « Sex Love and Pain » qui fut un gros succès critique et commercial pour lui en 2007. On se souvient encore des titres  » I hate U »,  » Coming home »,  » Wedding Song » ou encore du fameux single « Please don »t Go« . L’opus lui permettra même d’avoir une nomination aux Grammys pour le meilleur album R&B, le summum de sa carrière solo qu’il essaie ici de retrouver.

Le fait de reprendre le titre, la marque « Sex Love and Pain » est un appel aux fans du premier essai, un clin d’œil, une manière de les ramener à lui, surtout après l’album « Stronger » mal apprécié par le noyau dur de sa fanbase. Ceci étant, c’est aussi  un exercice risqué et difficile car les remakes de très bonnes choses sont soient rarement réussies, soient rarement sorties dans un contexte où elles peuvent être appréciées à leur juste valeur. Ici, la prestigieuse équipe qui l’avaient aidé à constituer le premier album( sean garrett, timbaland, the underdogs, keri hilson) laisse place des invités comme Chris Brown, Rich Homie Quan ou encore Yo Gotti. On peut reprendre un nom, on peut recréer des codes ou réutiliser un concept, mais la magie, l’alchimie, ça se se retrouve pas facilement.

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Tank est un fabuleux songwriter, il excelle dans les mid-tempos, d’ailleurs le premier titre sex love and pain II est une réussite dans cette gamme. Slow-Jam, sensualité et vocalise d’appoint, on entre avec plaisir dans l’album qui essaie clairement de faire sa part entre un R&B très urbain et un son plus fidèle aux anciens opus de Tank. Le premier single «  You Don’t Know » qui sample finement le classique de Patti Labelle est à cet effet très plaisant. Il condense plutôt bien des influences Old school  à un son plus actuel qu’il côtoie ensuite aux cotés de Chris Brown sur  » Birthday » ou sur le mid tempo » So Cold« . Très clairement, on a cette envie de toucher une nouvelle génération et ce n’est pas méchamment fait. C’est plutôt bien réalisé, comme sur le sensuel« Fucking With Me« , qui mériterait une exploitation en single. Il a un timbre de voix très charismatique et un don inné pour les mélodies, mais les productions restent assez synthétiques, ça manque un peu d’âme. Le projet est fluide, mais on ne voit pas de direction générale claire. Les titres s’enchainent bien, mais ça manque de folie et c’est dur à accepter quand on sait que c’est la suite d’un premier album assez irréprochable dans son genre. La touche Underdogs n’aura jamais autant manqué à sa carrière, et même s’il a un bagage, et un talent suffisamment conséquent pour que cet album soit un album r&b de 2016 sympathique, ça ne sera clairement pas un des projets les plus marquants de sa carrière. Stronger était clairement plus ambitieux et ce à tous les niveaux, aussi bien au niveau des textes, des constructions de chansons, que des mélodies.

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Dans « Sex, Love and Pain II », on retiendra la chanson d’entrée, « Relationships Goals »,  » Better For You ( qui est une vielle formule, mais qui fonctionne encore)  » et surtout le très beau «  Already In Love » où il retrouve un autre maestro, à savoir  des Boyz II Men, mais pas grand chose d’autre.

C’est un nouvel album de plus dans sa discographie, un album sympathique certes, mais pas un grand album, et encore moins une suite digne de son illustre première partie.

 

13/20.