Après un buzz fou furieux qui aura animé la planète pop toute la semaine, Taylor Swift a livré « Look What You Made Me Do« , le premier extrait de son album « Reputation » qui sort le 10 Novembre prochain.

Après 1989, qui était déjà une prise de risque et le passage assumé en pop, elle assume une nouvelle fois ses changements. Quand on voit ses débuts, et lorsqu’on écoute ses premiers singles, et même son dernier single de lancement « Shake It Off », elle est constante évolution. C’est surement l’un des attraits fondamentaux qu’elle a auprès de son public, qui était très jeune quand elle a commencé en 2006. Elle réussit à continuellement se « renouveler », tout en gardant cet aspect toujours girly, mais la transformation n’en reste pas moins palpable. Des petites mélodies rosées et sucrées qu’elle composait, il y a 10 ans, à ce single, il y a tout un monde artistique. Ce n’est toujours pas le génie, mais au vu du nouveau personnage ( « la bad girl« )  qu’elle veut incarner, c’est assez cohérent. « Look What You Made Me Do » joue sur les polémiques qui entoure son personnage, et les accusations d’hypocrisie  dont elle a fait l’objet. Une grande partie de ses détracteurs lui avaient donné le surnom du « serpent ( the snake)  » et c’est donc un symbole qu’elle a décidé de reexploiter à son propre avantage. On l’entend d’ailleurs dire dans la chanson :

« I’m sorry. The old Taylor can’t come to the phone right now. Why ?. Oh. Cuz she’s dead » ( Je suis désolé, mais l’ancienne Taylor ne peut pas repondre pour le moment. Pourquoi ? parce qu’elle est morte).

Et elle vend déjà un bijou en forme de serpent sur son site internet.

Cette façon qu’elle a de jouer avec l’image qu’elle renvoie et la manière dont les gens la traitent est presqu’aussi importante que la qualité ou l’efficacité de ses titres, vu qu’elle base énormément sur ça pour consolider sa fanbase. « Look What You Made Me Do » avec son refrain parlé qui aurait pu être extrait d’un titre de Fergie ou de Gwen Stefani en 2006, est sans doute son premier single le plus sombre à ce jour, mais il aura aussi l’avantage de montrer à ses fans qu’elle a bien plus de personalité que certains ne veulent le croire.

Elle jouera surement les « méchantes » dans la vidéo assumant de se débarrasser de son ancien personnage, comme une sorte de « Die Another Day » de Madonna, très très soft et surtout très très « second degré », mais le titre peut-être un succès. Il est moins évident que ses précédents singles, mais il a pour lui de s’inscrire dans une histoire, son histoire que ses fans suivent comme un journal intime en temps réel, épisode, par, épisode depuis 10 ans. En plus, l’urbain étant à la mode, le fait d’avoir un refrain saccadé et faussement putassier est très malin. C’est exactement avec ce genre de refrains que Fergie et Gwen Stefani se sont imposées sur la scène pop urbaine, il y a 10 ans. C’est moins « facile », mais avec le matraquage auquel elle aura droit aux USA, il n’y a pas de raison pour que ça ne prenne pas réellement. En plus, ce genre de chansons étant moins réalisées de nos jours, toute une partie de son public jeune peut penser que c’est une innovation.

Au final donc, dans les faits « Look What You Made Me Do » sans être mauvais ( car la production est indubitablement réussie) est d’une banalité sans nom, mais toute la stratégie marketing autour, la manière notamment dont le titre est vendue par Swift, pourra en faire un succès, sachant que la plupart de ses consoeurs dans le monde de la pop actuelle (Selena, Katy Perry, MIiey Cyrus, etc..) proposent des titres bien pires, et surtout bien moins bien pensés. D’ailleurs, elle est déjà la chanson que ABC a choisi pour les retours de ses séries Scandal et How To Get Away With Murder pour bien légitimer ce côté « Bad Girl ». Cela aurait été impensable de la voir associer à ce genre de shows avec sa country niaise, il y a 10 ans, mais selon ses besoins, tout est toujours réglé comme du papier à musique…

Triste Réalité!