Véritable petit ovni sur la scène musicale française, Christine and The Queens a su séduire la critique et un très large public avec son premier disque  » Chaleur Humaine« . Son mélange ambitieux de pop indé, variété française avec une touche de synthé 80’s accompagné de visuels bien à elle, a apporté un vrai vent de fraîcheur sur une scène français moribonde.

4 ans après son premier album, qui a connu un succès en France, mais aussi en UK, elle livre « Damn, Dis-Moi », ou encore « Girlfriend » en version anglaise. Un nouveau single annonciateur d’un nouveau disque, qui n’est pas sans nous rappeler les productions de Dev Hynes. En effet, c’est une sorte de mélange entre des gimmicks funk et toujours un synthé très 80’s. Dans le genre, sa collaboration avec le producteur américain, Dâm Funk est une réussite, car bien qu’elle ne soit pas spécialement novatrice,  et assez redondante, elle a quelque chose d’authentique. La volonté d’aller sur un air retro est réelle, assumée et on ne tombe pas non plus dans quelque chose de cheap ou de désuet.

Le titre existe en 2 versions, la première française est sans doute la plus aboutie. Son phrasé reconnaissable entre mille est plus agréable, même si ça manque clairement de chaleur et c’est à double tranchant. Les fans de la première heure seront ravis de la ré-entendre et les autres auront l’impression d’avoir un tiède réchauffé sans la candeur des débuts. En réalité, le titre manque de féerie. Il y a  les ingrédients dans la conception, une formule qu’elle a voulu reprendre, mais l’exécution tombe un peu à plat et la mélodie manque d’efficacité. Il s’écoute plus comme une chanson d’album que comme un single de retour, et c’est dommage, car la production méritait mieux. Elle rappelle beaucoup « Regulate  » de Warren G, avec ça, il était possible de pondre une merveille, pas juste un titre tout gentil voire moyen.

Dans la version anglaise, il y a du y avoir un souci, à savoir que les personnes avec elles en studio, lui ont donné un texte en chinois  en croyant que c’était de l’anglais, et elle ne s’est pas rendue compte. Son élocution est franchement pénible et caricaturale de la française qui découvre la langue anglaise, on aurait presque dit que c’est fait exprès. Et puis, toujours ce manque de féerie et d’harmonies. Cela a beau être son  » style », du funk sans harmonies, sans sortie de piste, c’est comme un soufflet un peu raté.

Sa démarche artistique reste remarquable pour une française et une production du genre, de cette qualité, ça fera du bien aux playlists des radios en France, mais on espère que l’album nous réservera des titres plus cossus, surtout qu’elle veut avoir un succès aux USA cette fois.