Ariana Grande en a fait du chemin depuis son premier album. Elle est passée de la petite un peu effacée faisant de la pop R&B et décriée par certains comme étant une copie de Mariah Carey, à l’une des pop stars les plus en vue de la scène. Elle enchaîne plus ou moins les succès, 6 années se sont écoulées, et finalement, nous attendions à la voir franchir une nouvelle étape avec « Sweetener ».  Après le drame autour des attentats de Manchester, et finalement du fait de son positionnement sur la scène, on aurait pu s’attendre à ce qu’elle se décide dans un sens à aller vers des choses plus marquantes musicalement.

Aussi bien au niveau de la direction artistique qu’au niveau de la maturité des textes, Sweetener après  » Dangerous Woman » avait le pouvoir d’ouvrir la jeune dame à une  autre sphère sur la scène. En effet, étant de fait plus connue, elle n’avait plus qu’à élargir sa prestance avec une musique alliant cet état de fait. C’était soit une direction plus pop pour beaucoup vendre comme « Music Box » ou alors quelque chose de plus introspectif et de fait plus profond musicalement à la « Butterfly ». Son équipe a malheureusement refusé de faire ce choix.  En effet, la chanson « No Tears Left To Cry » représente  finalement très bien ce disque de Grande. Un mélange de pop/electro sucrée avec un phrasé trap, parce qu’il faut quand même rester dans le coup. Le disque est à cette image, on a Max Martin présent pour assurer le côté pop générique et Pharrell qui fait office de caution pour la touche et crédibilité urbaine de ce disque, qui frôle un peu tout sans jamais rien embrasser. Certes, c’est le concept même de la GRANDE pop star, être capable de tout recycler sans trop se mouiller, mais quand c’est trop , ça devient justement fade. Les instrumentaux de Williams ( fatigué, il faut bien l’avouer) souvent très synthétiques ont besoin d’une chaleur, d’une incarnation qui peine à se faire sentir ici. C’est le cas de sa version de « R.E.M », qui  peine à avoir du sens quand on a écouté celle précédemment chantée par Beyonce. « God Is a Woman  » a un certain charme, voire un charme certain,  avec sa petite touche reggae un peu mélancolique, mais le titre, bien que mignon, n’a pas la grandeur ou le splendide qu’Ariana voudrait lui donner. « Breathing« , l’autre single choisi de fait par les fans l’a été du fait de sa vibe plus estivale et de son refrain catchy, mais globalement rien n’arrive à pousser Ariana hors de sa zone de confort. Même pas « Bordeline« , le duo avec Missy Elliott, n’arrive pas à donner un grand intérêt à ce disque qui n’a pas la volupté ou le corps pour être un album pop marketable sur le long terme (à la différence de son prédécesseur), mais non plus  la candeur d’un disque qui traversera avec grâce l’espace temps.

On a envie de garder «  Successful » pour son hommage naturel aux débuts des Neptunes ou encore « Everytime » et  » Gone Too Soon », mais l’ensemble nous laisse sur notre faim et donne un disque sucré d’une artiste talentueuse, qui ne s’est toutefois pas encore trouvée artistiquement. Elle refuse de choisir, mélange mollement tout et surfe sur son image pour combler les trous. Cela paie encore plus ou moins au vu de son exposition, mais « Sweetener » reste malgré tout le disque le moins réussi de sa discographie.

Pas étonnant qu’elle se soit aussi vite décidée à enchaîner sur un autre projet.

11/20.

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