Il y a quelques jours, je regardais la télé et je suis tombé sur une interview de Jean Louis Murat. Loin d’être fan du grand barbu, je me suis quand même permis de suivre par curiosité malsaine.Il a toujours 2 ou 3 bons mots le Murat,contre ses pairs, la société,l’écologie,la politique, les impôts, .. c’est un monsieurjesaistout comme on en fait presque plus. Et il a d’ailleurs valablement prouvé cet après midi là vu qu’après avoir dit qu’il n’écoutait plus les albums de variété française  jugés « tous mauvais », il s’est insurgé contre le fait de voir les maisons de disques faire patienter les artistes 2 ou 3 ans pour sortir les albums. Selon lui  » c’est complètement bidon, une chanson ça prend 20 minutes, un album une démi journée, si tu peux pas faire ça dans ses temps là, tu changes de métier.. »

lJe ne suis pas allé écouter ses projets pour voir ce que donnait ce genre de théorie mais je pense que  nous avons avec le dernier album de Rihanna, un exhaustif exemple des abysses où mène ce genre de réflexions. Talk That Talk 6eme album de la chanteuse en 8ans de carrière ( on oubliera les rééditions, les featurings, les coiffures, les pubs et toutes ses choses qui font qu’elle mène depuis tout ce temps un règne assez impressionant sur la scène médiatique) est le prototype des albums enregistrés façon Louis Murat.

Rihanna qui n’écrit pas et chante péniblement juste fait appel à un lot de producteurs et d’écrivains pour la plus part ‘ »hype ». Ceux ci sont censés lui proposer le plus grand nombre de titres capables de séduire les radios. Ils envoient leurs démos respectives et le staff établi la sélection finale avant d’envoyer les versions à mixer suite aux passages difficiles du timbre de Miss Fenty qui doit en tout et pour tout travailler une dizaine de minutes sur chaque titre (encore plus efficace que Murat, oui oui ).

Ce procédé vous rappelle quelque chose ? c’est normal. C’est de cette même manière qu’on produit la sardine en boite, le couscous algérien ou le café équitable . On prend pleins de trucs plus ou moins bidon d’un peu partout, on les assemble et on le présente gentiment dans un rayon de votre carrefour préféré.

Rihanna, c’est sur I-tunes ou à la fnac qu’elle sévit depuis quelques années et il n’y a pas grand doute quand au succès futur de cette nouvelle formule, vu qu’elle propose en réalité un best of de tout ce qui avait déjà été fait.

« Talk That Talk » dit globalement aux haters de la miss » Je fais de la merde, et je ne changerais pas donc je vous emmerde » et aux fans » On prend les mêmes épices et on recommence ».

Partant de là, je ne pense pas que l’album mérite en réalité une vraie étude, ou du moins une étude différente de ce qu’elle qu’on avait déjà fait pour Loud, Rated R , Good Girl Gone Bad . On a les mêmes producteurs qui lui ont refilé les mêmes médiocres productions , la même Ester Dean qui raconte les mêmes histoires d’amour stériles, Jay-z qui intervient sur le mignon petit mid tempo de l’album pour rappeler qu’elle  n’oublie pas la zone urbaine. C’est  facile, prévisible et horriblement «  Deja Vou ».

Ceux qui voudront se laisser prendre au jeu le feront tout en sachant  ce à quoi ils ont à faire, et ceux qui n’aimeront pas n’auront pas grand chose de plus à dire que ce qu’ils ont déjà dit et redit le long des 6 dernières années.

Jean louis Murat trahi par son traite d’égo l’a évoqué sans savoir que Rihanna tenue par sa veine cupidité avait déjà érigé sa formule et la musique en général au rang de produit.

Triste Réalité ! ( l’album disponible ici)

Ps: J’ai décidé de garder  » Watch n Learn » &  » Talk That Talk« ( oui je suis facile, j’aime quand on me flatte » ) qui ne sont pas trop datées et bruyantes pouvant donc ainsi être écoutées les mercredi après midi.