La « hype » domine le monde de la musique actuelle. Les dernières années ont enfermés les artistes mainstream dans une musique profondément générique et médiocre ( Rihanna si tu m’entends) et ont fait en sorte qu’une grande partie du public, se désintéresse de  ce son pendant même le public qui achète et écoute semble le faire un peu par honte, faute de mieux.

Du coup, dès qu’on a une artiste qui fait un minimum quelque chose de différent et d’accrocheur, les gens  lui sautent dessus en masse.  Adèle en a fait les frais de manière grandiose, il y a quelque temps. Azealia Banks est au centre des esprits depuis de nombreux mois  pour la même raison et via son titre  » 212« . Un missile pour les dancefloors, electro sans être bruyant, terriblement addictif  tout en se démarquant totalement de ce qu’on pu offrir des Red One ou Stargate à Nicki Minaj.

On a tous adhéré, on a tous félicité et on continue encore de secouer  les reins dessus dans les soirées entre amis cet été. Quelques mois plus tard, le premier Ep 1991 a lui aussi débarqué et on a eu l’impression qu’elle traînait  le flow de Foxy Brown dans les bars du marais de Paris. Pourquoi pas? C’était pas aussi charmeur que le premier titre mais  » Liquorice » et «  1991 » valent ce qu’ils valent quand tu es en plein milieu de la piste et que tu relèves ton pantalon pour faire étalage de ton dernier petit pas.

Avec la mixtape «  Fantasea » où 19 titres étaient quand même annoncés, on avait espéré plus de diversité, plus d’audace, plus de punch et finalement on y  est pas vraiment. Azealia Banks a un excellent flow et une voix chantée qui rendrait de nombreuses chanteuses jalouses.. paradoxalement, c’est aussi une grande férue de mode ( même si ça ne se voit point). Elle adore les défilés, les fashion week et c’est d’ailleurs là qu’elle a donné ses premiers show sous le regard de dandy comme Karl Lagerfeld.

Du coup, sa musique en garde les marques. En écoutant cette mixtape, on a globalement 2 impressions : soit on assiste à un de ces défilés, soit on est encore dans un bar gay européen super chic . Le fait est en tout cas qu’elle garde une ligne electro claire et  pas forcement très innovante. Selon l’humeur, on peut tirer des chansons comme «  Out Of Space« ,  » Aquababe » ou encore  » Fantasea » mais mis à la suite,  le projet s’avère soit lourd, soit assez  peu consistant.

D’une part parce que malgré le fait qu’elle ait un bon flow, elle utilise de la même manière quasiment à chaque fois. Elle répète quasiment les mêmes textes et ses titres sont souvent construits exactement de la même manière avec des samples vus et revus. On imagine qu’il y avait une volonté de refaire 212 mais qu’on y est jamais arrivé alors on lui  fait pleins de  petits frères car ça ne mange pas de pain.

Musicalement, une nouvelle fois ça peut différer de ce que Minaj et autres Rihanna proposent donc ça va lui permettre de garder le public qui l’écoute et s’intéresse à elle dans cet espoir… mais ça reste de la musique échafaudée,construite pour s’inscrire dans le même air du temps. Si son talent est réel, ce projet laisse entrevoir qu’elle se repose déjà sur des acquis plus ou moins faibles. Il va falloir faire très attention car d’ici la sortie de l’opus, une lassitude pourrait s’installer: la hype n’est point fidèle, tout comme ce  projet qui nous laisse un peu sur notre faim.

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Triste Réalité!

Dans les ratés, Mention speciale  à la cacophonique reprise du classique de Montell Jordan  » Get It On Tonite » devenu  » Esta Noche » pour notre plus grand malheur.

Triste Réalité!