On a cru qu’il n’allait jamais sortir et ça avait un certain charme de le penser. Il faut dire qu’après le catastrophique «  Delit « .. qui n’avait absolument rien de mineur, il y a 3ans. Personne ou presque n’avait réellement envie de se farcir un nouveau projet d’Amel Bent comme l’atteste les très mauvais scores de ses singles «  Sans Toi », «  Regardes Nous » ou encore plus récemment «En Silence ». Malheureusement, la chanteuse étant devenue un pur produit TF1 ( C’est le pot de fleurs qu’on nous impose dans tous les primes ), ils ont trouvé le moyen d’insister, de forcer pour que finalement l’opus «  Instinct », ce 5ème forfait prenne place dans les bacs ce matin.

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Une bonne chose avant tout cette fois est qu’on avait quand même été prévenu de l’ampleur du désastre. Bent avait elle même pris la peine de premièrement déclarer «  Dans mon album, il y a beaucoup de chansons qui ne veulent rien dire comme mon single Regardes Nous » et ensuite d’affirmer que l’opus avait été fait à «  l’instinct donc il n’y avait aucune cohérence ». Partant de là, effectivement, le contrat est rempli. Les textes de ce projet sont pour la plupart d’une bêtise sidérante et musicalement, c’est totalement creux, l’après 11 septembre, le néant total, GROUND ZERO.

On a de la ballade variété bien rincée et sans émotions (les temps qui courent), des up tempos pop faussement urbains dignes d’être rejetées par Nadiya (La lionne Saigne), des titres electro bourrins surproduits dans lequel son timbre est totalement noyé ( Gemini) ou encore un duo ringard et complètement froid avec Ne-yo qui aurait pu compétir à l’eurovision 1982. Mais ce n’est pas tout, Amel veut montrer qu’elle est une artiste qui touche à tout et donc s’essaie aussi à la comédie avec «  Regardes  Nous » qui est une parodie cacophonique du «  Get Me Bodied » de la femme de Jay-z. On rit de très bon cœur mais on a du mal à comprendre ce que ça fait dans un album consciencieusement mis à la vente.

Au comble de l’ironie,la miss a l’audace de clore le sordide projet avec la reprise du «  Quand la musique est bonne » de J.J. Goldman. Une affirmation assez troublante révélatrice d’un sens de l’autodérision aussi douteux que ses approches philosophiques sur certaines chansons. On avait en effet dans les «  bons mots » noté « un homme tue un homme et ça devient normal, une femme se fait battre.. Une enfance qu’on viole et ça devient banal » fourré en plein milieu des bruits du titre«  Instinct » ou mieux encore « Le ciel se fâche.. L’océan se venge et la terre s inonde, les tempêtes éclatent, les arbres s effondrent, c est comme la fin du monde, j ai peur de tout et de rien. «

Difficile de savoir où elle veut réellement en venir comme il est assez incompréhensible de comprendre comment quelqu’un dans son label a pu approuver un tel «  travail ».

Le talent vocal est bien là, on ne peut nier et on l’entend un peu au détour de «  Tou». La chanson n’est qu’une niaiserie infâme digne des albums d’Obispo mais elle est  très bien chantée mettant une enième fois en exergue le paradoxe autour de cette fille.

Amel Bent est  finalement représentative de tout ce qu’une industrie du disque en crise doit bannir, une  très belle voix  mais vide de toute personalité artistique ou d’univers propre.

Triste réalité!

5/20.