Amel Bent est un prototype parfait de ce que l’industrie du disque a de meilleur et de dichotomique. C’était une très belle voix, une formidable aisance et un certain rayon de soleil pour une scène française un peu cloisonnée, aux divas un peu plates. On espérait qu’elle grandisse et trouve sa propre voie, mais au final, sa carrière, 15 ans après le début est une immense déception. Elle n’a jamais réussi à faire un BON album, un projet vraiment mature et cohérent et musicalement, elle n’a strictement aucune empreinte. C’est une interprète qui avale tout ce qu’on lui sert. C’est l’icône même des belles voix qui n’ont aucune direction artistique réelle. Après « Instinct » qui était réellement un désastre musical, et ses 4 ans d’absence, on espérait qu’elle prenne une direction musicale mature, et nous revienne dans une nouvelle dynamique. Il n’en est rien.

Sans véritable inspiration, elle nous ressort la même soupe diffusée en radio depuis plus de 3 ans. C’est de la soupe variétoche gitane copiée-collée des singles de Kendji . C’est plat, paroles niaises au possible et surtout vocalement, elle est clairement atteinte. On sent les effets de la cigarette et de l’entretien de son timbre sur le titre, qui est clairement éraillé, voire  poussif, alors que le titre n’est absolument pas difficile pour une chanteuse de son calibre à la base. Elle a souvent dit qu’elle avait une mauvaise technique de chant et ne ménageait pas sa voix, on en voit le résultat aujourd’hui. C’est assez pénible à écouter… surtout en live. Elle est essoufflée à chaque respiration.

 

Est ce que ça peut marcher?

Curieusement, le titre peut être un succès en France parce qu’il est vraiment médiocre. Il est tellement lisse, passe-partout et fade qu’il correspond exactement à ce que le public français a  eu l’habitude d’écouter et d’apprécier récemment.  Zaz aurait pu porter la chanson, qu’on n’y aurait vu que du feu..mais  c’est justement le concept qui doit plaire à Amel. Etre un fantôme artistique dans un domaine où elle aurait pu être princesse. Sa carrière commence à ressembler à un conte de fées à l’envers..

[Chronique] Amel Bent – Instinct.

Triste Réalité !