Shakira a du mal à s’imposer aux U.S.A depuis 2006. C’était bien gentil le coup de la fille latine au sourire colgate qui vous fait la danse du ventre matin, midi et soir, mais les américains s’en sont vite lassés. Il faut dire qu’ils ont les mêmes dans chaque petit cirque, elles dansent exactement pareil et souvent avec une meilleure musique en fond. En soi donc, aucun intérêt pour eux de suivre la colombienne. C’est ainsi qu’ils ont quasiment ignoré « She Wolf » et « Sale El Sol », mais la fille est maligne : elle n’abandonne pas si facilement. Elle a décidé de jouer sur les sentiments, elle s’attaque au cœur et à la morale avec son nouvel album. Après avoir essayé la pop urbaine ( sans trop se rater car l’opus «  She Wolf  » tient  à peu près la route, merci Pharrell ), puis le retour aux sources maîtrisé avec Sale El Sol.. elle tente le tout pour le tout avec la carte de la pop country, soupe populaire moisie jusqu’à l’os avec « Shakira ». C’est un album impressionnant de ringardise et de clichés.

Attention, ce n’est pas qu’on attend qu’une opportuniste finie comme elle révolutionne la musique, mais il y a quand même des limites au manque d’intégrité.
Une chanteuse hispanique lambda sans papiers et inconnue n’aurait pas pu produire mieux pour convaincre l’immigration américaine de lui offrir une carte de séjour. On est partagé entre l’envie de dégueuler ( car cet assemblage de niaiseries n’est que très rarement digeste) et celle de vraiment admirer la capacité de cette femme à n’hésiter devant rien, y compris le ridicule pour revenir sur le devant de la scène américaine.
« Cut Me Deep » et ses petites influences reggae est la seule qu’on a envie de sauver de ce néant parodique. Des paroles violemment bébêtes aux riffs de guitare relativement pauvres, on est dans le concept même de la musique rose-bonbon- papier toilette qu’on consomme pour très vite régurgiter.

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Le pire étant quand même la chanson «  Dare ( La La La) » foutue en plein milieu de l’album par on ne sait quel pari perdu et qui respire la sueur des pieds à tout niveau. La dégueulasserie beauf par excellence et sa simple présence dans ce plaidoyer pour l’intégration dans les foyers texans qu’elle a déguisé en album, montre bien qu’à 37ans, Shakira a encore beaucoup de mal à se définir musicalement.
Triste Réalité !

8/20.