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Après 7 ans d’absence, Justin Timberlake a fait son retour sur scène au Stade de France hier. 50.000 personnes environ étaient présentes pour l’applaudir malgré le temps pluvieux et l’ex leader du groupe N’sync est loin d’avoir démérité.

Un show intelligent et bien diligenté.

2h30 de concert, une trentaine de chansons, variant entre R&B, Pop, et Hip-Hop, le tout soutenu par un orchestre philharmonique : c’était le premier point fort du show qu’a donné Justin hier au Stade de France. Les titres s’intègrent remarquablement bien les uns aux autres. Les Tennessee Kids qui l’accompagnent donnent une dimension autre aux chansons que celle du simple R&B mainstream. Le rendu live des productions de Timbaland a, notamment ici, un coté intemporel du fait de certaines ré-instrumentalisations réussies, particulièrement sur des chansons comme « Let The Groove In »  – ils auraient pu la prendre pour la coupe du monde au brésil non ? – , ou  « Cry Me A River » et  « Pusher Love Gurl ». La structure du show en lui même, qui commence très fort et s’affaisse pour finir en apothéose, est très agréable et contribue à cette idée selon laquelle il a bien étudié sa discographie pour n’en garder que l’essentiel.

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Ensuite, on a la force de l’image.

De prime abord, on peut trouver ça curieux, voire incohérent qu’il décide de défendre les chansons qui sont les siennes, sa discographie, très diverse et parfois très urbaine en costume-cravate mais ce n’est pas fait au hasard et ça contribue à la cohérence de la cérémonie.

Cette ambition du bobo-chic, de l’effortlesly galant, tend à lui donne une stature sans trop en faire. C’est le garçon qui veut aussi bien plaire à la jeune fille de 15 ans et au badboy de 25 ans qu’à la ménagère de 50ans et en cela, le choix du costume réunit tout ce beau monde. C’est quelque chose de neutre, de très classique qui se marie cependant aussi très bien avec les reinstrumentalisations musicales derrière. Une envie d’imprégner la marque Justin qui fonctionne aussi du fait qu’il soit constamment en mouvement. Il joue de la guitare, il danse, il chante, c’est l’homme à tout faire, qui fait tout sans se salir. Le costume est toujours impeccable, tout le monde respecte ce genre de codes!

Le 3ème très bon point fut le chant .

Il est capable d’assurer 2h de show en dansant et chantant sans paraître essoufflé. Certes, il n’est clairement pas aussi leste qu’avant mais ça reste remarquable de voir qu’il a acquis –ça n’a pas toujours été le cas- une telle gestion de sa voix. Le seul moment où il a recours au playback est sur la chanson  « Holy Grail » pendant le refrain de Jay-z. Le choix n’était pas plus mauvais, le titre étant loin d’être un des indispensables.

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Enfin, le choix des reprises Michael (King Of Pop), Elvis Presley (King Rock/blues), ou encore Kool and Gang  sont très revelateurs ou plutôt confirme cette envie de Justin de coaguler derrière lui un large public qui ressemble à ce qu’il aime. Au delà de la simple qualité du show, on passe un bon moment parce qu’on a véritablement l’impression que c’est un show qui a été minuté pour lui ressembler, mettre en avant ce qu’il est en n’oubliant pas de relier toutes ces influences. Encore une fois, l’orchestre y est pour beaucoup. On peine à différencier les chansons « Future Sex/Lovesounds » ou « 20/20 Experience », -exemple avec l’enchaînement dantesque « TKO/MyLove »- tellement tout se huile parfaitement.

Bien sur, ce n’est pas un show à comparer à ceux d’un Michael, d’une Janet, d’un Prince ou même d’un James Brownqui sont ses principales influences– mais Justin fait du Timberlake. Il n’en fait pas trop, il a prit un peu partout, il chante, essaie encore de bien se défendre coté danse et surtout reste finalement très fidèle à sa manière de voir et de concevoir la musique et ça n’a pas de prix . C’est l’ingrédient principal de la réussite de cette charmante petite cérémonie.

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