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Difficile de passer à coté de l’événement médiatique de cette semaine. Le livre de Valérie Trieweiler « Merci Pour Ce Moment » est au bout de toutes les lèvres, au centre des débats mais crée aussi un réel raz de marée chez les libraires vu que l’ex First Girlfriend a écoulé plus de 145.0000 exemplaires en seulement 4 jours.Le meilleur démarrage de l’année, un vrai séisme pour cet événement assez inédit. C’est en effet la première fois qu’une femme ayant côtoyé de manière intime un chef d’état sort un livre pour relater sa relation avec lui alors qu’il est encore en exercice. Valérie, la femme  » répudiée » par un communiqué de  » 18 mots » au début de cette année après le « Gayetgate » lancé par Voici, traîne en elle cette odeur de revanche et de vengeance qui tour à tour fascine, attire, titille l’intérêt du public qui a envie de comprendre, mais a surtout envie d’être aux premières loges pour assister à ce déballage, à ce règlement de comptes politico- sentimental bougrement actuel. On a l’ impression d’assister à une télé-réalité dans les appartements privés de l’Élysée. Le livre promet en quelque sorte à ses lecteurs de voir ce qu’ils ne peuvent point apercevoir et c’est sûrement là l’une des raisons de son succès.

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Il y a 2 choses qui sont frappantes dès les premières pages de la lecture de cet essai :

1) Tout d’abord , c’est le style littéraire inexistant de la journaliste politique et de la critique littéraire. On a à aucun moment l’impression d’avoir affaire à une personne exerçant l’un de ses 2 métiers et à fortiori les 2. On est plus dans le journal intime de la jeune adolescente avec une plume éméchée, véritablement niaise et incapable de faire la moindre analyse ou d’avoir le recul nécessaire sur ses agissements.

Ensuite, ce sont sans aucun doute les sujets abordés dans ce livre où elle viole à maintes reprises l’intimité de l’homme François Hollande, celle de son ex Segolène Royal, celle de la fonction présidentielle, mais aussi celle de plusieurs de ses ministres, tout en nous expliquant gaillardement dans le même bouquin qu’elle a horriblement souffert de voir son intimité lui être prise quand elle est devenue première dame et qu’elle ne supporte pas ce genre d’agissements contraires à ses (très nombreuses) valeurs et/ou à la dignité de la famille Masseneau. Paradoxal? Absurde? Illogique? Sûrement, mais ce n’est pas le seul moment où l’ex dame de cœur du président s’emmêle les pinceaux. Dans cet essai vraisemblablement destiné à redorer son image et à montrer au monde entier la femme sainte, aimante,compréhensive qu’elle est, elle n’arrive  à rien faire d’autre qu’à se confiner dans la boite de  » reine des contradictions ».

Pour que les choses soient bien claires, Valérie selon Valérie est une femme simple, humble et surtout très aimante. La vraie Valérie est celle que tous les employés tiennent en estime, celle qui pleure et rit avec eux, celle qui donne 95% des livres qu’elle reçoit à une prison pour femmes. Elle qui ne souhaitait en réalité qu’une chose, vivre amoureusement avec un homme qu’elle ne voyait pas devenir président. Ses différentes activités philanthropiques n’étant pas réellement médiatisées, il était difficile au grand public de savoir qu’elle est tout simplement… parfaite ! Alors oui, des erreurs elle en a fait quelques-unes, c’est vrai mais rien n’est jamais de sa faute. Voyez vous, ce sont toujours les autres. Soit ils ne la comprennent pas, soit ils la poussent à faire des choses qui ne lui ressemblent pas.

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2) L’affaire du Tweet, c’est de la faute de François Hollande qui lui avait menti et dit qu’il ne soutiendrait pas Ségolène Royal. Impossible de lui en tenir rigueur à elle, Valérie: elle est une femme passionnée, jalouse, amoureuse, vraie, qui ne nourrit aucun  » bas sentiments » et qui dans le même temps avoue sans honte être hantée par l’idée de voir Ségolène Royal revenir en politique ou de simplement la voir tendre la main à l’homme avec qui elle a 4 enfants. Mieux encore, elle nous raconte avoir vécu la rencontre entre les 2 ex-candidats à la présidence à Rennes comme un véritable calvaire : « Je ressens au sens littéral du terme la définition du dictionnaire, c’est à-dire « des excès émotionnels incontrôlables » : il m’est physiquement impossible de les
voir tous les deux main dans la main sur scène« . Ce qu’elle oublie cependant, c’est que ces 2 là sont aussi et surtout parents de 4 enfants. Elle qui nous raconte pendant des pages et des pages n’avoir rien de plus cher au monde que ses 3 enfants, qui passe son temps dans les associations à défendre leurs droits n’est absolument pas gênée ni outrée de déclarer à la face du monde qu’elle a du mal à voir 2 parents se serrer la main.

Mais ça ce n’est que le début: Valérie est une femme trompée qui le vit mal, qui ne comprend pas, qui recherche les raisons. Au détour d’une phrase, elle craque et déclare : »Je pense à François
ouvrant ses bras à une autre femme. Qui a fait le premier pas ? Que lui a-t-il dit de
nous ? Que cherchait-il chez elle que je ne peux pas lui donner ? Les images me blessent,
je les repousse, mais elles remontent, encore et encore. Elles m’étouffent et je
m’étrangle dans mes sanglots. » On ne peut à ce moment que trop la comprendre, c’est toujours dur de voir sa confiance être trahie. Il aurait même été possible d’éprouver de la sympathie si elle n’en faisait pas des tonnes. Quand on essaie d’oublier le fait qu’elle ait tentée de se suicider en avalant une tonne de somnifères à l’annonce de l’adultère sur les chaines de télé, on ne peut passer sur le fait qu’elle se mette à vilipender tout le monde. D’abord François – ce qui est logique- ensuite Julie Gayet. Julie qu ‘elle avait appelé quelques mois auparavant et qui lui avait assuré qu’il n’y avait pas de liaison et qui refuse après la découverte de prendre ses appels. Julie qui n’est qu’une méchante menteuse ( elle balance même à son sujet » Comment peut-on mentir à ce point? »). Mais très rapidement, on la voit  s’en prendre à la garde rapprochée d’Hollande, les «  porteurs de croissants » qui n’ont pas  » intérêt à la croiser » . C’est un peu trop mais on essaie de comprendre jusqu’à ce qu’elle pousse le vice au maximum dans son délire de victime mettant ses agissements sur le compte de   » l’éternelle naïveté des femmes fidèles ». Un propos assez surprenant, voir choquant. Valérie la parfaite n’est apparemment pas attentive. Oui elle ne l’est pas vu qu’elle
omet que dans ce même livre, elle nous a raconté qu’elle avait été infidèle à son mari en 2005 avec François Hollande, qui lui même était déjà avec Ségolène Royal. Naïveté? Fidélité? Valeurs? On repassera!

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Mais pas elle, elle met toutes ses frasques insensées sur le fait que c’était le grand Amour, celui avec un grand A. Voyez-vous, rien ne compte plus que les sentiments de Valérie qui tient à ce que le monde entier sache qu’elle était la femme de la vie du président. Si vous en doutiez, sachez que sa mère le lui a dit, et qu’elle n’aimait pas Ségolène Royal qui n’a jamais su prendre soin de François. Heureusement qu’elle est arrivée pour lui faire perdre 12kg et changer sa garde-robe. Sinon… sinon il n’aurait tout simplement pas été présidentiable. Pauvre Valérie, là encore, on allait craquer jusqu’à ce qu’elle nous fasse le détail de ses SMS. Oui, parce qu’il faut qu’on sache que le président a essayé et essaie encore de la reconquérir. Il lui envoie des SMS passionnés qu’elle  compte et conte tout en nous signalant qu’il le fait en même temps qu’il a des meetings avec des présidents comme Barack Obama ou Angela Merkel. Quel incompétent! Au lieu de s’occuper de la France et de la crise, il pense à envoyer des SMS à son ex qu’il a humiliée. Cet homme n ‘est digne de rien. Au début du livre, elle le loue pour ses grandes capacités intellectuelles et sa compétence pour finir par insinuer très librement qu’il n’est à la hauteur. Il ne sait pas ce qu’il veut, c’est ELLE qui aurait du diriger la France.

3) Valérie Présidente! Oui parce que bien qu’on n’ait aucune analyse politique dans ce livre et qu’on n’ait aucun comparatif ( elle n’a jamais écrit de livre sur le genre malgré ses 25 années de métier), Valérie se décrit comme une politicienne hors-pair. Elle a raison sur tout. Tout ce qu’elle dit se produit toujours et quand François ne l’écoute pas, il finit toujours pas regretter. Que ce soit l’affaire Cahuzac, le choix et l’incompétence des ministres, la photo avec Nicolas Sarkozy en pleine campagne pour les Européennes en 2005, le choix de l’annonce de sa candidature aux primaires socialistes (et on en passe et des meilleures) : Valérie a toujours raison. Elle sait ce qu’il faut faire, ce qu’il faut dire, ce sont les phrases qu’elle souffle à François Hollande qui restent cultes ( les affaires privées restent privées), on est tout simplement bluffé et au vu de tant perfection et de génie, on se dit qu’on a fait le mauvais choix. C’est Valérie qui aurait du être élue, c’est elle qui aurait du diriger le pays à défaut de n’avoir jamais eu la trempe d’être une première dame.

En effet, le dernier point  qu’on soulève à la lecture de ce livre est qu’elle confirme ce qui avait été dit dès son arrivée à l’Elysée : elle n’a jamais eu l’étoffe d’ une première dame. Que ce soit pour de bonnes ou mauvaises raisons, c’est juste quelque chose qu’elle n’a pas en elle. Elle vit dans ce monde illusoire où elle est une adolescente amoureuse parfaite qui ne pardonne aucun faux pas aux autres. Une intransigeance féroce qu’elle n’est point capable de s’appliquer à elle même et qui ne la grandit aucunement. Aucune capacité de véritable remise en question. Et pourtant, sa brutale chute s’est faite de la même manière que sa montée sur le « trône »: ça aurait du l’alerter. En Afrique, ce continent qu’elle semble tant admirer et chérir, on dit que :  « quand tu entres par la fenêtre, n’espères pas sortir par la grande porte« .

Triste Réalité!