Qui est Ne-Yo?

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Ne-Yo a failli être un monsieur très important pour le monde du R&B. Il arrive sur le devant de la scène au moment où le R&B commence à énormément s’hippopiser. C’est le début de cette mode qui est à son paroxysme aujourd’hui et d’une certaine manière, Ne-Yo aide a ramené les titres très mélodiques, les ballades et mid tempo R&B bien cintrés au grand public. Il commence par écrire «Let Me Love You» à Mario et après avoir signé chez Jay-Z, il nous propose «So Sick» et «Sexy Love»; le monde du R&B est conquis, l’embrasse immédiatement. Dans toute cette euphorie, certains se mettent même à en faire «le nouveau Babyface».

Simplement, Smith a un souci, il n’a jamais réussi à réellement se positionner. C’est un song-writer chevronné, c’est un chanteur… mais ce n’est pas forcément un producteur. Il peut co-produire mais il n’est pas du tout à la base de ses titres de A à Z comme un R.Kelly ou comme un Babyface justement. Son travail, notamment au début, repose énormément sur celui des Stargate (producteurs suédois) qui produisent la majeure partie de ses titres pendant qu’il écrit les textes et les mélodies de chant. C’est un travail colossal mais le souci, et finalement le non-dit de l’histoire, est que ça en fait aussi un «esclave» des producteurs, comme beaucoup d’artistes mainstream. C’est peut-être finalement là le drame de sa carrière, il a été vendu comme un artiste R&B pur qui peut tout faire, dans la lignée de ses prédécesseurs, mais il n’a jamais été cela.

Ainsi, pour se rattraper, pour palier à ce manquement, il s’est lancé progressivement dans une «décomplexisation». Il a progressivement proposé des chansons semblables à celles de Chris Brown ou Usher, puis a fait évoluer son image vers celui du séducteur beau gosse, au point même de se lancer dans la pop/dance music. Mais le retour de bâton a été bien plus dur pour lui. Beaucoup ont crié à la trahison, et c’est vrai que par rapport à l’image de ses débuts, Ne-Yo pouvait passer pour un traitre, mais dans un sens il a toujours fait ce qu’il faisait depuis le début. À savoir qu’il écrivait des textes et composait des mélodies de chant pour des producteurs mainstream… et comme le mainsream s’était pas mal electrotisé, lui aussi suivait ce chemin. Exemple tout bête: c’est quand on lui parle de retour aux sources, qu’il l’essaie. Il n’y a qu’à voir les productions que Stargate lui avaient proposés sur son premier opus (So Sexy, etc.) et voir que ce sont les mêmes personnes qui lui ont fait une chanson comme «Coming With You», 9 ans plus tard. Ce n’est pas tant qu’il ne veut pas, c’est que ça va trop vite pour lui et qu’il n’a jamais vraiment eu la main mise totale sur la musique qu’il proposait. C’est l’histoire d’un excellent song-writer qui est en fait devenu un artiste solo public. Parce que c’est ça la vérité: Ne-Yo écrit très bien, a su trouver de bonnes mélodies, mais il n’a pas forcément l’envergure d’un artiste de premier plan qu’on voulait qu’il soit.

Autre exemple, c’est le rejet du Ne-Yo sexy ou sexuel, quand il s’essaie à l’exercice avec « Lazy Love », en 2012 . L’image de ce clip a été dûment critiquée, vilipendée sur la toile, alors que dans ce même genre d’exercices, Chris et Usher sont idolâtrés. C’est-à-dire qu’on attendait de lui de la hauteur quand il a nourri des ambitions auxquelles il ne pouvait pas prétendre, ou plutôt auxquelles le grand public n’a jamais pensé qu’il pouvait prétendre.

Ne-Yo en chiffres.

Ventes : 2.400.000 exemplaires vendus dans le monde dont 1.780.000 exemplaires vendus aux U.S.A

Ventes :2.200.000 exemplaires vendus dans le monde dont 1.630.000 exemplaires vendus aux USA.

Ventes :  2.120.000 exemplaires vendus dont 1.200.000 exemplaires vendus et 600.000 ventes au Royaume-Uni; c’est son plus gros succès international.

La chute brutale orchestrée par « Beautiful Monster ».

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Libra Scale.

Ne-Yo_Libra_Scale

Ventes: 345.000 exemplaires vendus aux U.S.A et 480.000 exemplaires vendus dans le monde.

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Ventes: 264.000 exemplaires vendus aux U.S.A et 305.000 exemplaires vendus.

 Chronique de « Non-Fiction ».

neyo12Ventes à ce jour : 100.000 aux U.SA et environ 115.000 dans le monde.

Annoncé comme un grand retour au R&B, Non-fiction, le 6ème album de Ne-Yo sorti depuis le 15 Janvier n’est pas vraiment ce que le chanteur prétendait vouloir vendre. L’opus reste encore un melting-pot de plusieurs genres musicaux vu qu’on retrouve des chansons pop electro (Time Of our lives, Who’s taking you home) ou « Coming for You » au milieu de titres tantôt plus urbains /rap, comme le single «  Money can’t Buy« , avant de retomber bientôt sur des ballades ou mid tempos plus classiques, comme « Religious« , qui sera sûrement un des prochains singles. La chanson est sans doute aucun l’une des plus belles réussites de l’opus, un mid tempo sensuel, très bien produit et parfaitement harmonisé avec une pointe de soul, qui fait d’ailleurs écho aux travaux de Babyface. À ses côtés, on pourra sûrement citer « Make it Easy » ou encore « Congratulations », qui font partie des petites perles de cet album cependant trop inégal. En effet, malgré ces quelques bonnes tentatives, Non-Fiction reste un peu pale. Le talent mélodique de Ne-Yo a clairement pris un coup au fil des années et il en résulte une espèce de platitude. Sa voix et son phrasé lui sont restés intacts et reconnaissables entre milles, mais dans l’optique d’un bon album R&B de Ne-Yo à l’avenir, il serait peut-être temps qu’il arrête de vouloir tout faire et laisse la place à d’autres song-writers, ça lui permettrait d’avoir de la fraicheur, car il est clair que malgré toute sa bonne volonté, l’étincelle n’est plus vraiment là.
10/20.

Triste Réalité!