Jill Scott est sans doute aucun un des grands noms de la soul américaine, et est surtout un grand nom de la musique urbaine des 15 dernières années. Plus de 5 millions d’albums vendus, 3 Grammy Awards sur 13 nominations, des critiques dithyrambiques, ou encore 3 Soultrain Awards… Elle a su se construire une fan base solide avec une musique loin des clichés de son époque aussi bien visuellement que de manière sonore. Jill, c’est Jill et à l’occasion de la sortie de son nouvel album « Woman », retour sur les ventes de chacun de ses opus dans son pays avec l’histoire rapide de ces projets qui ont tous été certifiés au minimum disque d’or, avant de chroniquer ce nouvel album.

« Woman » s’est encore une fois classé en tête des ventes aux U.S.A., avec plus de 58.000 ventes en première semaine. Encore un bon score pour une artiste de sa trempe en 2015, même si elle nous avait habitués à des scores encore plus impressionnants.

Jill a commencé sa carrière en faisant du « spoken-word »; elle chantait, récitait et disait des poèmes dans la ville de Philadelphie, ce qui lui a donné une certaine renommée et lui a permis de rencontrer Questlove, du groupe The Roots, avec qui elle écrit la chanson « You Got Me« , en 2000. Le groupe veut que la chanson soit le premier extrait de l’opus, mais le label impose que la partie de Jill soit chantée par Erykah Badu, plus connue à l’époque.

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1.Jilly en chiffres.

Cependant, Scott ne se décourage pas et chante notamment le titre lors des tournés de la formation, ce qui lui permet de faire des rencontres musicales, notamment celle avec le duo production Dre & Vidal, qui lui produit son premier album « Who Is Jill Scott?, Words and Sounds Vol. 1 », un projet acclamé par la critique. Il commence tout doucement dans les charts, mais se fait encenser par la critique. Son single « A Long Walk » bénéficie d’une certaine exposition; l’album est alors nommé pour le prix du meilleur album aux Grammys 2002 et la chanson « He Loves Me » devient une des favorites du public. Un titre repris aussi bien par Beyonce que par la légende du gospel Karen Clark Sheard. Le projet permet donc à Jill d’avoir une réelle empreinte sur la soul music des 00’s et se sont 2.3 millions d’américains qui se procurent le projet. L’album live qui suit « Experience Jill Scottt 826+ »  est lui aussi un immense succès avec 870.000 ventes. La prestation de sa chanson « He Loves Me » portera l’album, où l’on retrouvera aussi Common.

Jill_Scott_-_Beautifully_Human

« Beautifully Human, Words and Sounds Vol. 2 » arrive en 2003 et fait un énorme démarrage, du fait de la popularité du précédent, avec 193.000 ventes. Il n’a néanmoins pas la même longétivité que son prédécesseur vu qu’il totalise 900.000 ventes. Cependant, l’album remporte également un franc succès critique et les singles « Golden » et « Cross My Mind » sont des succès auprès du public visé, aux U.S.A.. La seconde chanson lui permet même de remporter son premier Grammy Award pour la meilleure performance alternative urbaine contemporaine.

Jill_Scott_-_The_Real_Thing_album_cover

« The Real Thing, Words and Sounds Vol. 3 » arrive en 2007 avec un single « Hate On Me » qui l’éloigna de son style très soul-jazzy. L’album est lui aussi bien accueilli par la presse, mais avec un peu moins d’emphase que ses deux prédécesseurs. Le public reste au rendez-vous vu qu’elle totalise 670.000 ventes aux U.S.A., avec un très bon départ pour 138.000 exemplaires écoulés.

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Fidèle à elle-même, elle observera quatre années d’absence avec de revenir avec « The Light Of the Sun« , un opus lancé par un single en compagnie d’Anthony Hamilton, qui sera un carton dans les charts R&B adulte américains et permettra à l’album de démarrer avec 135.000 ventes pour en totaliser 480.000. L’opus comporte aussi des chansons comme « Blessed » et «   So Gone » qui lui ont permis de se maintenir et de conserver une bonne partie de son fidèle public, qui sait qu’elle garde son objectif qualité.

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2.Qu’en est il de Woman?

jill-scott-woman-album-cover-2015-billboard-650x650Lancé par le titre « You don’t Know », véritable cri du cœur inspiré par les 60’s, l’album Woman est un opus à la fois confortable et réconfortant. Rien de véritablement nouveau sous le soleil, on retrouve la dame où on l’avait laissée entre mélancolie et histoires sentimentales. Elle nous raconte ses joies et déceptions via ce spectre qui lui est propre. Ce mélange de phrasé et de chant purement soulful qui donne un coté intemporel à tout ce qu’elle touche. On ne sait jamais vraiment où on est quand on est écoute Jill, on perd la notion du temps; c’est comme des retrouvailles avec une vielle amie qu’on connait trop bien et c’est ce qui fait la grandeur de cet album.

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« Fool’s Gold » est autant fluide et mélancolique que « Can’t wait » est velouté et ravissant. Elle s’amuse des relations humaines avec un punch et une puissance vocale qui n’ a rien perdu de sa superbe. « Prepared » nous séduit par sa gracieuse ambiance live tandis que « Run Run Run » valorise un engagement féministe qu’elle n’a jamais cessé de faire valoir, d’ailleurs, il donne son nom à l’album. Jill est une femme moderne, intrépide qui ne craint pas de se livrer et de confier son amour sur le sensuel « Lighthouse » comme de mettre un homme à la porte de chez elle sur le funky et entrainant « Closure« , où elle revêt le costume d’une femme désabusée et où on l’entend répéter  « There will be no more homemade waffles » (il n’y aura plus de gaufres fait maison). « Back Together », le 3ème et nouveau single, est un choix sensé tant la chanson découle de grandiloquence et de vécu; les chœurs sont absolument superbes et le titre s’impose de part une construction crescendo qui ne laissera aucun amoureux de soulmusic insensible. Il fait parti des meilleurs  moments de l’album, au même titre que l’aérien « Jahraymecofasola« , un titre tout en douceur et poétique qui montre que la belle reste une des interprètes les plus versatiles de sa génération; elle est constante et naturelle. Si Woman souffre de quelque chose, c’est peut être du manque de surprise et du fait qu’il ne contienne pas des perles (Golden, He Loves Me) aussi puissantes que celles de ses premiers albums, tout en suivant néanmoins le même schéma. Cependant, cela reste un album bien construit et savamment écrit qui ne décevra pas les fans de la chanteuse.

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15/20.