De passage à Paris dans le cadre son « WildHeart Tour », Miguel s’est arrêté à l‘Olympia. Une salle qu’il a eu énormément de mal à remplir. Le chanteur, victime du manque de succès de son dernier album, n’a pas déchainé les foules. Beaucoup d’invitations pour une cérémonie égocentrique et finalement assez pâle.

Si Miguel sait chanter et n’a aucun souci à gérer sa voix, la construction générale de son show, les nouveaux titres et l’enchainement des morceaux créent une barrière avec le public. Pendant 45 minutes, il chante devant une audience froide, déconnectée qui ne connait pas les chansons, mais surtout qui n’arrive pas à se faire une place dans le décor. Il chante pour lui, copie toutes les mimiques de Prince, décline les pas de danse de Jimmy Hendrix comme un jeune garçon face au miroir de sa chambre, mais ça ne crée aucune relation avec les gens dans la salle. C’est une réadaptation froide et très peu communicative. Les visuels et l’arrière-plan semblent un peu cliché, mais travaillés. Les différents tableaux sont divertissants, mais manquent de mordant.

Âvec Miguel

Posted by MusicFeelings on mercredi 7 octobre 2015

En réalité, la vérité est que l’opus fonctionne très mal sur scène, ce qui est curieux pour un album qui se veut « rock »; les mélodies sont pauvres et les titres manquent de structure, de refrain, ce qui ne lui permet pas de partager avec son public. Aussi, très souvent, sa voix est bien trop mise en avant par rapport au chant. Il a une énergie de chanteur de R&B pour minettes sur une ambiance de concert de Kid Rock qui dénaturalise et parodie encore un peu plus son show. Quelques bons moments comme « Coffee », ou encore « Adorn », attendu tout le concert comme un « messie », mais même ses anciens titres ( Do You, Quickie, Sure Thing) remis au « goût du jour » en version rock ont plus désespéré l’audience qui n’a cessé de se vider jusqu’à la fin du show. Plus les minutes passaient, plus le monde s’en allait. Il y a bien eu ce moment de cohésion vers la fin où il lâche des « YEAHHHH » pour entendre le public lui récrier « YEAHHH » mais autant, ce fut un instant sympa du show, autant il a prouvé qu’il avait le talent et la hype, mais qu’il n’était pas du tout en connexion avec la réalité de son audience. Quand le moment le plus vivant de ton concert se résume à des  » yeah » et «  yeah » avec ton public, il y a clairement une remise en cause à faire. Ceci étant, ça reste un garçon talentueux, espérons pour lui qu’il comprenne le rejet de cette ère ( aussi bien commercial que scénique) et en tire des leçons pour la suite.

Triste Réalité !