En prenant le pari de ne laisser aucun répit au public et en saturant la toile de chansons inédites chaque jour en plus des singles: Chris Brown pensait avoir joué le carte de la modernité. On est à une époque où les chanteurs  veulent exister à tout prix et tous ont plus ou moins peur de s’éloigner de la scène et d’être oublié du public.

Le chanteur qui n’est pas avare de compliments à sa propre encontre ne cessait les ôdes dithyrambiques lorsqu’il était interrogé sur la sortie de Fortune qu’il nous décrivait déjà comme révolutionnaire. Bien mal lui en  a pris quand au final le 3 juillet dernier, l’album a réalisé une réelle contre performance. 60 % de ventes en moins que ce le label espérait et surtout une pluie de critiques violentes demandant aux acheteurs de faire l’impasse sur le 5eme projet du chanteur.

Il est vrai qu’avec des singles comme ceux proposés ( Turn Up The Music, Strip, Sweet Love, Don’t Wake Me Up), il fallait être sacrement courageux pour vouloir offrir 15 euros  à  Brown et le voir agrandir sa fortune. Le manque d’originalité allié  à la médiocrité palpable des  4 titres proposés d’entrée ne laissait pas présager autre chose qu’un désastre musical. De prime abord, on a en effet envie de faire confiance aux critiques et devenir bénévole pour aider les magasins à réserver les stocks du projet  dans des poubelles.

Cependant en y cherchant de plus près, en fouinant et en laissant sa chance  au chanteur, oubliant ses frasques et son excès de zèle : on se rend compte  tout n’est pas jeter sur cet album, loin de là..

Autant dans les critiques que par dans le choix de singles, il y a eu erreur dans la communication . On aurait pu s’attendre à un «  F.AM.E Bis » avec une avalanche de titres pop/electros  mélangés de n’importe quelle manière avec 2/3 mid tempos urbains mais ce n’est pas le cas. Fortune est très certainement l’opus le plus R&b et abouti de Chris Brown depuis la première édition de « Exclusive« .

Si l’album s’ouvre un peu de manière bordélique avec des sonorités différentes qui s’étripent sans s’assembler convenablement  de  » Turn Up The Music à  » Till I die » passant par  » Bass Line ».

Il nous prend ensuite  un peu à contre pied avec une pléiade de mid tempos suflfureux diablement sexy comme ,  » 2012″ ,  » Don’t Judge Me » ou encore  » Stuck On Stupid » et le tubesque  «  Mirage » où on retrouve Nas. Le quatuor  qui est sans aucun doute le pic  qualitatif de l’album nous montre qu’il est  véritablement capable de faire preuve d’intelligence vocale et de fluidité dans sa manière de poser.

 Il manie âprement toute  la tessiture de son timbre et se fait plaisir sur ce genre de chansons qui représentent le mieux son évolution, en tant qu’artiste. Malheureusement, ça ne dure pas longtemps et dans la fin de l’opus, hormis  » 4 Years Old » qui fait une nouvelle fois partie de cette gamme de ballades qu’il réussit admirablement, on a du mal à trouver quoi se mettre sous la dent. Des chansons comme  «   Party Hard » ou encore  » Trumpet Lights »  sont agréables mais  beaucoup trop anecdotiques pour vraiment marquer les esprits comme leurs consoeurs précédemment citées.

Dans un monde parfait, il aurait assumer cette direction artistique et aurait gagner de la crédibilité en laissant tomber la dance ou le R&B  mainstream bourrin pour exploiter directement  » Mirage » puis  »  Don’t Judge Me« .  Cependant, il a choisi de jouer sur la facilité et finalement Fortune  dans lequel on trouve pourtant les éléments pour faire de très bonnes choses, n’est qu’un album moyen de plus.

Comme s’il avait eu la formule d’un excellent sirop mais avait finit par nous le servir avec une trop grande quantité d’eau.  Il aurait été malin, on aurait eu un très bel Ep. On retiendra tout de même qu’il y a une réelle évolution, même une sorte de maturité naissante et rafraîchissante comparés aux 2 opus précédents qui eux méritaient  réellement leurs critiques assassines.

Triste Réalité!

12/20.

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