Quatre ans après « Finally Famous« , Big Sean, le petit protégé de Kanye West a définitivement grandi. Son nouvel album « Dark Sky Paradise » en est la preuve. Le jeune rappeur s’est entouré d’une pluie de producteurs (Dj Mustard, MikeWillMadeIt, Da Interz, Key Mane) pour livrer un opus consistant et dans la tendance actuelle. Le pari n’était pas gagné d’avance, avec le premier single « I don’t Fuck With You », car on aurait pu s’attendre à ce qu’il penche vers une facilité qui pouvant s’avérer lassante au fil des écoutes… Et bien, ce n’est tout à fait pas le cas ! Il y a un soucis  évident au niveau de la finition avec chaque production qui rend l’album cohérent. Le thème de la noirceur est maintenu, soutenu tout le long du projet sans qu’on ne tombe jamais dans l’excès. C’est comme une espèce de grand carré de chocolat noir qu’on dégusterait pièce par pièce sans que jamais le gout ne s’altère réellement. L’opus a certes des moments de faiblesses,des titres un peu moins aboutis que d’autres mais l’ensemble se tient très bien. La presence de Kanye West à la production executive ne doit pas être étrangère à cet état de fait surtout qu’on note malgré tout que Sean a encore des progrès à faire.

En effet,  il a travaillé sa fluidité, son phrasé, sa presence au niveau du flow et tous ces aspects se sont fortement améliorés. Cependant, on observe qu’il a encore besoin de piocher quelquefois chez ses camarades au niveau de la rythmique. Il reste très inspiré, tellement qu’on finit par oublier qu’il l’est et ça devient une forte impression de « quelque-part ». C’est comme s’il avait tellement excellé dans ses numéros d’imitations (Kanye, Drake et Wayne notamment) que ça a fini par devenir un style. Sa prestation sur « Blessings », le second single avec Drake est le genre de prestation qui te définit une carrière. Pareil, ça fait plaisir de le voir sortir de sa zone de confort et d’aborder des thèmes moins légers comme le très réussi « Win Some, Lose Some » sur lequel on retrouve Jhéné Aiko. Elle n’est pas créditée mais on la reconnait, tout comme on la reconnait aussi sur « I Know » qui est cependant moins renversante du fait de la production un peu trop minimaliste de Mustard. « One Man Can Change The World » aux cotés de Kanye et de John Legend est cependant une des meilleures chansons de l’album, une des plus réussies ou Sean montre qu’il peut aussi donner à espérer malgré tous les constats un peu amères qu’il a pu faire sur le monde dans les autres titres de l’opus. Et quand l’amour le rejoint avec la superstar de la pop  qui lui sert de petite amie  (Ariana Grande), le titre « Research » inclus dans le version deluxe de l’album surprend par sa véritable fraîcheur.

Le tandem – qui propose là  sa 3e collaboration– fait étal d’une jolie alchimie, la chanson mériterait d’être un single. Elle a les capacités de porter cet album commercialement encore plus haut que les 2 singles actuels et on ne le blâmera pas d’en profiter car au vu ses progrès, il le mérite.

15/20.