3 ans après « Point Of No Return » qui avait été assez tièdement accueilli par son public, Keyshia Cole avait entrepris de livrer l’opus du retour aux sources. Elle s’est donc publiquement lancée dans un long périple, qui a commencé dans le retour aux bras de Ron Fair, l’homme derrière ses plus gros succès. Il se trouve que l’association et le retour en grâce chez son ancien mentor n’a pas été concluant. La chanteuse a ensuite décidé d’aller en indé, mais c’est in-extremis qu’elle a été rattrapée par L.A REid, qui prend le pari de la signer chez Sony/Epic Records. La signature au vu de sa situation et de la signature des artistes R&B semblait un peu incompréhensible, mais avec l’un des maestros de la scène, c’était aussi le meilleur moyen pour elle de relancer.

Sauf que malheureusement pour Keyshia Cole, l’homme a été viré par Sony dès le début du processus de l’enregistrement de ce disque pour une sordide histoire harcèlement sexuel. K.C se retrouve donc seule, face à un label ( SONY), qui n’en a plus rien à faire d’elle maintenant que L.A Reid, est parti. Plus encore sur un album de retour aux sources. C’est donc avec ses propres idées, propres moyens qu’elle essaie tant bien que mal de retrouver l’ancienne elle. Le premier single «  You » avec Remy Ma et French Montana singe les productions actuellement de Dj Mustard et de Nic Nac, mais ça reste bien trop synthétique pour que la mayonnaise prenne. Sur le reste du disque, elle prend le pari de réécouter ses anciens albums pour essayer de retrouver un peu de grâce, mais l’inspiration n’est plus la même. La flamme n’est pas là, le projet manque de grâce et authenticité. Tout dans  » 1:1 Reset » sonne comme quelque chose qu’on a déjà entendu chez elle en moins bien. Elle pousse même le vice  avec la bonus « What I Really Wanat‘ qui est en réalité la version entière de l’introduction de son album  » A Different me« . Le titre n’est pas mauvais en soi, c’est  même plutôt une réussite, mais le fait d’aller allonger l’introduction d’un album pour en faire une chanson entière, près de 10 ans après, montre bien le statut quo artistique de Keyshia Cole.

Ce n’est pas un nouveau démarrage, c’est une sorte de retour en arrière mal contrôlé. Best Friend fait écho à « Heaven Sent », version Liddle. On apprécie la vibe retro un poil soulful de « Emotionnal » ou de « Incapable » et la candeur du sulfureux « Vault », mais globalement, l’opus est bien trop court et peu inspiré pour redorer le blason, d’une chanteuse qui ne manque pas de talent, mais fait néanmoins face à une crise artistique stérile. Elle cherche, mais sans jamais réussir à vraiment retrouver le bouton « Reset ».

Triste Réalité!

10/20.

Les ventes de chacun des albums de Keyshia Cole aux U.S.A