Enfin le mois de Novembre se termine. J’ai toujours trouvé qu’il s’agissait des 30 jours les plus inutiles du calendrier chrétien. On est coincés car on est tout proche des fêtes, pas encore véritablement éloignés de la routine barbante des mois précédents. Octobre, Septembre. Je tiens pas mal de griefs contre ceux là aussi. M’enfin, j’aime voir Novembre s’évader pour laisser place à la liesse qui anime généralement le 12ème mois de l’année, même si cette fois-ci il s’annonce plutôt morose sur la scène musicale.

Les albums de Noël de Mary J. Blige et Tamar Braxton à Kelly Clarkson ou même Ariana Grande, sont tantôt moyens, tantôt anecdotiques. Rien de passionnant. Coté news, c’est également le néant complet. Quand ce n’est pas Ashanti qui trouve qui le moyen de nous faire des révélations du genre « Oui, j’ai fait 9ans de relation avec Nelly » (comme si ça intéressait quelqu’un en 2013), ce sont les paresseuses de TLC qui affirment qu’il y a des artistes dont les labels paient les albums pour grossir les chiffres de la première semaine. Encore rien de bien excitant, du vide. Ou presque.

Il y avait quelque chose de frappant dans cet article où les filles de la legendaire formation(pour soutenir leur amie Gaga) abordaient la question du pistonnage des ventes. Tous les commentaires pointaient d’une seule et même voix, Tamar Braxton.
Une chose curieuse de voir donc qu’il y a encore beaucoup de gens qui refusent de croire à l’authenticité du petit succès de la benjamine Braxton. Pourtant, elle a fait ce qu’il fallait et en apparence a eu des hits R&B et une exposition maximale qui justifiait son score. Cependant, une grande partie de la scène urbaine se refuse à légitimer son succès. Le premier argument bien sûr est qu’elle est mariée à Vince Herbert, producteur reconnu. Il produit Lady Gaga, a travaillé avec Jojo, Destiny’s Child, Toni Braxton et est accessoirement multimillionnaire. Il aime sa femme donc pour lui offrir une carrière, achète ses albums. Okay, pourquoi pas?
Le second est qu’elle n’a pas fait une musique extraordinaire, n’a rien révolutionné par rapport aux autres, a juste une jolie voix donc ne mérite quelque part rien. Encore une fois, oui, pourquoi pas?
Le troisième, et là c’est le plus pervers, nous explique qu’elle est bien trop vieille (36ans…) pour décrocher un premier succès pareil d’elle-même. Il y a donc forcement magouille. Là encore sur la forme, cela peut s’entériner, même si le tout reste assez grossièrement malsain, témoignage aussi du manque de confiance des fans de R&B (car ce sont bien eux les accusateurs) en leurs artistes et en leur musique.

La vérité est que Tamar a exactement les chiffres qu’elle doit avoir pour ce qu’elle a proposé au moment où elle l’a proposé. Ils sont d’ailleurs même en réalité un peu « faibles ». Vince a saisi une opportunité, la télé-réalité, pour offrir aux gens la musique de sa femme.

C’est un procédé qu’on a vu à plusieurs reprises et qui a fait ses preuves de la manière la plus honnête au monde.Tamar est devenue à sa petite manière un mini-symbole et un espoir pour le genre et pour les artistes justement qui ont galeré sans succès pendant des années.En plus, elle le sait, son discours recent au Soul Train Awards le confirme.
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Si c’était si facile d’acheter ses propres albums pourquoi Madonna, Christina Aguilera ou autres stars bougrement riches connaissent des flops? Tommmy Mottola achetait-il les disques de Mariah Carey? On sait qu’il inondait les radios de billets pour qu’elles jouent les chansons de sa femme mais personne n’a jamais amputé ce fait à cette dernière. Et de l’autre coté pourquoi on n’entend pas que Jay-Z achète ses disques en première semaine ( il ya des questions à se poser avec le dernier) ou qu’il cache des camions pleins de ceux de Beyonce? Pourquoi n’y a-t-il pas de réflexions persistantes du même genre au sujet de Drake ou des artistes hip-hop ou indé-hype (The Weekend, Lana Del Rey) qui vendent relativement bien, souvent même sans passages radios. C’est connu, la vraie corruption est toujours là où on la voit le moins. Le fait est que pour certains des artistes évoqués ci-dessus, il serait bien plus pertinent d’évoquer ce genre de magouilles que dans le cas de Tamar.

Mais les fans de R&B actuels ne sont plus capables d’avoir une telle logique. Ils sont tellement habitués à être dans l’échec (échec dont ils sont en réalité responsables, mais ça on l’abordera une autre fois) qu’ils refusent de croire en leur musique et à tout frétillement dans le bon sens, critiquant et rabaissant alors l’artiste au maximum le cas échéant. Un proverbe africain dit que le vrai pauvre n’est pas celui qui ne possède rien de manière physique mais celui qui a intégré la pauvreté à son cerveau, car ce dernier est incapable d’avancer. Tout ceci ne laisse pas présager de beaux jours pour le genre.

Triste Réalité!