Il n’était pas vraiment attendu.. mais Usher a proposé il y a quelques jours, un ep surprise « A ». Un disque qui arrive après la débâcle « Hard II Love » (qui portait d’ailleurs très bien son nom) et plusieurs annonces d’un « Confessions 2« , Raymond a finalement décidé de livrer un projet en compagnie du producteur de trap music, Zaytoven, qu’il emballe dans un Marketing hommage à la ville d’Atlanta. 

Toutefois, ce n’est pas leur première collaboration, ils avaient déjà bossé ensemble avant que ce dernier n’explose sur la chanson « Papers« , mais les choses ont changé depuis. Zay est devenu un des parrains de la trap et Usher, qui a toujours besoin de se faire « approuver » par la tendance, a enregistré plusieurs titres avec lui qui ont ensuite été compilé dans ce projet qui débarque la veille de ses 40 ans. C’est le son qui marche en ce moment, c’est donc aussi logique qu’il veuille sa part du gâteau… et c’est en ça que ce disque n’est finalement pas une surprise.

Usher a un talent vocal indéniable. C’est d’ailleurs ce qui est réellement plaisant dans ce disque, c’est d’un agréable rare de l’entendre chanter,  pour une toute génération. Cette flexibilité de vibes, ce petit groove sensuel a toujours un certain charme. Son souci de l’autre côté est qu’il n’est pas un artiste qui se conçoit dans le temps très long. Toute sa carrière ( hormis les fois, il a été forcé par LA Reid), il s’est acharné à suivre les différentes modes. C’est ainsi qu’il s’est jeté dans la gueule de l’électro, ce qui a carrément tué son rapport de confiance avec sa base fan, et qui fait d’ailleurs que ce mini-album fait un démarrage avec environs 5000 ventes.


C’est dur, mais c’est autant dur que ce nouveau disque est assez « insignifiant ». Ce n’est pas un mauvais projet, c’est même peut-être ça qui est pire. C’est un projet Trap qui s’écoute assez simplement, mais qui aurait pu être proposé par Jeremih du temps de sa mixtape « Late Nights« . Non seulement, dans sa tentative de récupérer le son d’Atlanta, il est un peu en retard, mais il n’y apporte réellement rien de nouveau. C’est vraiment un quadragénaire qui nous répète en boucle ses envies de faire la fête et de s’ambiancer à tout bout de champ. Ce n’est pas interdit, la quarantaine n’est pas la fin de vie, mais Usher avait basé sa carrière sur du StoryTelling quand ça fonctionnait ( Confessions, 8701, Raymond Versus Raymond, Hère I Stand, etc), ce n’était pas toujours vrai, mais il mettait toujours des liens à sa vie privée, qui partageait ou enthousiasmait son audience. Ici, ça manque d’histoire, de vie et ce qui est dommage est qu’on se rend bien compte qu’il le fait parce qu’on est dans une ère où le grand public ne demande plus beaucoup de contenu.

Et c’est en ça que ce disque lui le représente plutôt bien. C’est très lisse, sans prise de parti sonore ou artistique et si on apprécie plus ou moins « She Ain’t Tell ya’ (avec le simple du fameux « Lovers and Friends« ) ou encore « You Decide » ( avec la touche ragga et la très belle prestation vocale)  et «  Say What You Want« , le constat reste le même. Ce n’est pas un le projet qu’on aurait pu attendre de quelqu’un qui a 26 ans de carrière, et le statut qui est sien. Paradoxalement, en restant réaliste, c’est un projet qui n’est pas surprenant et qui lui correspond, quand on connaît ses ambitions artistiques qui restent très limitées.


Usher ( qui ne manque pas de talent vocal encore une fois) fera un autre très bon album, quand le son du mainstream sera de nouveau très bon, ou quand il sera pris en charge par un manager ou directeur artistique de haut vol comme LA REID. Entre temps, il se cherchera toujours comme il le fait depuis près de 10 ans. Certains suivront sans doute, mais comme le montrent les chiffres en constante baisse, la majorité semble avoir choisi son camp.

Triste Réalité!

5/10.