Depuis le 26 Novembre, le 5eme album de Nolwenn Leroy est dans les bacs porté par le single «  Juste Pour Me Souvenir« . Dans l’article sur l’annonce de son retour, on avait signalé le soucis pour la chanteuse de proposer un univers différent pour chacun de ses projets. Avec  » O Filles de l’eau« , elle a décidé de faire honneur au royaume de Poséidon et à ses milles et un mystères mais l’opus est aussi une invitation au voyage à travers sa carrière. Si on retrouve encore beaucoup de ses influences celtes et bretonnes qui ont fait son succès en 2010,la Nolwenn d’ Histoires Naturelles et du magnifique  » The Cheschire Cat & Moi » est cependant belle et bien présente et ce sont ces titres là que nous avons décidé de mettre en exergue.

 

On commence avec  » Ophelia » qui sans doute aucun le titre le plus commercialement viable du projet, plus clairement, c’est le tube. Il y a ce coté variété tendant vers une pop qu’on trouvait sur certains titres d’Histoires Naturelles dont il aurait d’ailleurs tout a fait pu extrait. Les très doux refrains laissent place à des refrains plus rythmés, plus enlevés et la base de la joliesse du titre repose sur l’interprétation toute en retenue dont elle fait preuve. On pourra lui reprocher une fin trop abrupte ou classique mais c’est sans aucun l’un des titres les plus aboutis de l’opus.

 

Ensuite vient le psychédéliques  » Sur Mes lèvres »  qui sonne comme une continuité de ce qu’on aurait pu trouver dans  » The Cheschire Cat ». Il y a quelque chose d’à la fois lancinant et sombre dans les arrangements  mélodiques de cette chanson qui brille aussi par son texte des plus savoureux. Cette manie de torturer les syllabes et d’enchaîner les jeux de mots est absolument jouissive et sied parfaitement à son timbre.

Limitless, elle est fantasmagorique. Cette chanson clairement inspirée de Kate Bush,( pour laquelle Nolwenn n’a jamais caché son admiration) est une véritable et une frustration en même temps car  il nous rappelle qu’on adorerait la voir faire un album en anglais. La production est superbe, sa manière de poser sa voix de manière un peu laconique, presque mélancolique mais pas trop donne au titre une ambiance cristalline et une élégance rare. C’est  exactement ce vers quoi elle devrait se diriger à l’avenir.

 

Homeland, c’est l’autre chanson en anglais de l’album. Plus classique, moins langoureuse et ambitieuse que  » Limitless », elle faiblit notamment au niveau de la mélodie du refrain mais reste agréable.  Il y a là quelque chose qu’on aurait pu trouver sur une bande originale de film de James Cameron. C’est très agréable mais on est quand même un chouïa dessus car elle est capable de mieux.

 

« J’ai volé le lit de la mer », fait la transition entre la Nolwenn de Bretonne et celle du premier album. C’est à dire qu’on est dans une variété plus ou moins pure mais la chanson est agréable. Catchy, il y a de fortes chances que le label se dirige plus vers cette chanson en second extrait que vers  » Ophelia » vu qu’elle garde cette ligne celtique.

Au final donc  » O Filles de l’eau » n’est pas l’opus de Nolwenn que les fans de ses 2 albums( Histoires Naturelles) et  surtout l’excellent  » The Cheschire Cat et Moi » attendaient mais ce n’est pas un mauvais album. C’est un compromis assez sympathique entre les univers qu’elle a parcouru depuis 10ans et surtout il a des titres ( cités plus haut) qui montrent assez clairement qu’elle ne s’est pas perdue musicalement sur port de Brest, espoir donc de la voir revenir exactement comme on la préféré au prochain épisode.

Ceux qui n’ont aucun soucis avec la vérité devraient essayer : Sixième Continent.Tout a une fin. D’emeraude et O Filles de l’eau.